Non, je n'étais pas en grève! Mais j'étais partie quelques jours au soleil dans ma famille profiter de la mer. J'ai pris le large entre deux sessions hôtelières, les amis parisiens ayant regagné la capitale et ceux qui sont encore dans le sud remontant dès demain. Il me fallait bien ça pour changer un peu de rythme.
Et là, c'est reparti...
Comme je ne voulais rien rater des événements, j'ai noté sur des post-it mes sujets de mécontentement.
SUPERCHERIE AU SUPERMARCHE: Luc Chatel vient visiter une grande surface, et comme par hasard de jeunes consommatrices, de l'UMP!, se trouvent juste au même moment dans le même magasin, pour faire les courses de rentrée de leurs gamins. Et pour constater que les fournitures scolaires ont baissé. Si, Si... La qualité aussi d'ailleurs, les feuilles de classeur sont épaisses comme du papier à cigarettes, les crayons seront bons à jeter au bout de 8 jours et si le cartable à 5€ résiste à la première journée d'école, ce sera déjà un exploit. Car ne rêvons pas, la qualité, ça se paie. En tout cas, on peut dire qu'il a du pot le ministre! Imaginez que ce soient des Royalistes, des Aubrystes ou des Besancenomaniaques qui aient fait leurs courses ce jour là! Il aurait eu bonne mine le ministre...Mais cela ne saurait arriver.... le hasard fait si bien les choses...
UNIFORME A L'ECOLE: ce sujet revient à la mode une année sur deux à la rentrée des classes. Il y a les pour qui pensent que cela efface les différences sociales entre les élèves, et les contre qui pensent qu'un uniforme est une atteinte à la liberté.
Et bien, moi qui ai passé toute ma scolarité en uniforme bleu-marine, avec jupe plissée et blazer, je ne suis ni pour ni contre: je m'en fous! Déjà à l'école il en était de même. Je ne me suis jamais sentie diminuée par le port d'une jupe. On me colle une jupe bleue, va pour le bleu, on ne va pas chipoter pour un bout de tissu. Je ne me suis de même jamais sentie "reconnue" par une classe sociale particulière, ni valorisée comme faisant partie d'une élite. Les écoles où je suis allée étaient de petites unités, moins de deux cents élèves, fréquentées par des filles de toutes sortes: artisans, commerçants, employés de bureau... Mais aussi notaires, médecins, nobliaux du coin... C'est vrai que l'uniforme gomme les différences sociales entre élèves. En classe au moins: toutes les mêmes blouses (bleu marine, modéle 1936 à mi-mollets), les mêmes livres et cahiers fournis par l'école, pas de bijoux, sauf une montre, une chaîne autour du cou à condition qu'elle ne fasse pas 2kg, et éventuellement une chevalière. Certaines avaient des stylos plume or, d'autres des stylos plume acier. Mais un bon devoir plume acier était toujours mieux noté qu'un mauvais plume or!
J'irais jusqu'à dire que cet uniforme m'a appris la liberté: quand on est toutes habillées pareilles, on se fond dans la masse. On peut être différentes par la personnalité. J'avais déjà un caractère bien trempé, et je passais auprès de mes copines de classe ou de pension pour une originale! Uniforme ou pas, je le suis restée....
Alors, pour ou contre? Disons plutôt pour quand même. Quand je vois les mères se saigner aux quatre veines pour acheter des "marques" à leurs gamins, je me dis que s'ils avaient tous les mêmes fournitures, cela simplifierait bien les choses. Car "marques" ne veut pas dire "qualité", mais uniquement "mode". La qualité est une valeur sûre, des fournitures qui durent et résistent à l'usure du temps, aux coups de pieds quand le cartable devient ballon de foot. On paie cher une fois, et on utilise jusqu'à ce que ça tombe en brioche. Il y a aissi le racket. Qui voudrait racketter une gamine en jupe bleu-marine? On laisse tomber, c'est pas mode du tout, plutôt ringard. Nos amis parisiens mettaient à leurs enfants des pantalons de velours, des T-shirts minables et des godasses informes. Pas de blousons de cuir, mais des duffle-coat en lainage. Ils ne sont jamais revenus chez eux en slip comme c'est arrivé au fils de leur voisin qui s'est fait faucher dans la rue son blouson, son jean et son portable!
HOMOSEXUALITE: on en parle partout! Chacun fait sa déclaration très pipeulisante: "je suis homosexuel, ou lesbienne, ou transexuel(elle)". Mais pourquoi vient on nous dire ça?. Est ce qu'il viendrait à l'idée de qui que ce soit, de dire à un journaliste: "Vous savez, je suis hétérosexuel (elle)". Il regarderait son interlocuteur avec des yeux ronds en se disant "mais qu'est ce que j'en ai à faire?". Et bien, voilà, je n'en n'ai rien à faire que mon voisin soit homo, trans, bi, lesbienne ou ce qu'il veut. Si je l'apprècie, je l'apprécie comme il est. Ce qu'il fait dans son lit ne me regarde pas. Je n'admets pas qu'on vienne regarder dans mon plumard, ce n'est pas pour aller reluquer dans celui des autres. J'ai des copains, des amies, certains mariés, d'autres célibataires, mais jamais je ne me pose la question de savoir s'ils sont homos ou lesbiennes. S'ils viennent avec quelqu'un à la maison, à partir du moment où c'est quelqu'un de sympa, je ne vais pas aller m'inquiéter de savoir ce qu'ils font ensemble. Parfois je le sais parce qu'ils me l'ont dit, mais je ne charche jamais à savoir. Nous avons habité longtemps près d'un couple d'homos absolument charmants chez qui nous allions prendre parfois l'apéritif et que je voyais souvent dans le parc de l'immeuble. Nous savions qu'ils étaient homos, mais cela ne rentrait pas en ligne de compte, c'était leur vie. Ils ne se cachaient pas, mais ne s'étalaient pas non plus. Voilà, ils avaient droit à l'indifférence de tous.
J'ai vu une fois quand j'avais environ 18 ans, deux filles qui s'embrassaient dans un couloir. Cela m'a mise très mal à l'aise. Il n'y avait dans ce malaise aucun jugement de valeur, simplement la gêne d'avoir été témoin d'un moment d'intimité qui ne me regardait pas.
Et c'est toujours ce que je pense. Laissons chacun vivre sa vie, à son gré. Et que chacun évite de s'étaler, homo ou hétéro, ce n'est pas plus mal. C'est le vie intime de chacun, et il faut qu'elle le reste.
Vient ensuite la demande d'enfant et d'adoption. Ce sujet est tellement personnel, peut parfois être tellement douloureux, que je ne saurais avoir d'opinion. L'amour suffit-il pour rendre un enfant heureux? A-t-il besoin d'un père masculin et d'une mère féminine? Je n'en sais rien. Mes amis ont adopté une fille qui a maintenant 24 ans. Quand elle était plus petite, elle m'a dit une chose qui m'a beaucoup frappée: "J'adore mes parents, j'ai eu beaucoup de chance, mais je ne leur ressemble pas". Physiquement, si, mais dans sa tête, non.
DELIT "D'OUTRAGE A AGENT": il paraît que c'est très à la mode. Dès que quelqu'un se fait arrêter sur la route, comme il n'est pas ravi-ravi, il rouspète, il râle, il ronchonne et parfois des noms d'oiseaux fusent dans la conversation. Quand j'ai eu mon permis de conduire, mes parents m'avaient offfert une 2CV d'occasion. Un jour que je prenais une descente un peu raide, j'arrivai sous le nez de deux gendarmes qui m'arrêtèrent et me dirent que j'étais en excès de vitesse. Ma deudeuche qui frisait le 40 en côte, le 70 avec le vent dans le dos, avait passé les 80km/h en descente!. J'éclatais de rire, et je ne pouvais plus m'arrêter. Je n'étais déjà pas riche, et j'écopais d'un PV! Et la seule chose que je trouvais à faire, c'était de me marrer comme une baleine. J'aurais bien aimé m'arrêter, mais impossible, c'était plus fort que moi! Voir le gendarme très digne avec son petit calepin tourner autour de ma voiture pour la lorgner sous toutes les coutures, c'était irrésistible. Enfin, mon fou rire passé, je payais mon amende qui fit un gros trou dans mon budget déjà au ras des pâquerettes. Ce serait de nos jours, je suis sûre qu'il aurait sorti un "outrage à agent dans l'exercice de ses fonctions".
Une autre fois, je venais d'acheter, d'occasion toujours, une 204 dont le précédent propriétaire avait une caravane, donc des rétroviseurs sur les ailes. Un gendarme m'arrêta pour vérification car je n'étais pas en règle. Je ne savais pas que ces rétroviseurs n'étaient pas valables puisque je voyais très bien dedans. Rien d'autre ne clochait dans la voiture et je n'avais fait aucune infraction, mais il me verbalisait. Il me demanda de signer le PV, ce que je fis après l'avoir lu attentivement et en râlant entre mes dents: bourré de fautes d'orthographe, dont un "de telsortes que" qui me sauta au visage comme un gnon. A l'endroit prévu pour les commentaires, je mis mon grain de sel: "les fautes d'orthographe ne sont pas de moi". Je sais c'était débile et méchant. Mais j'avais du mal à encaisser le PV. Quand il me rendit le papier signé, il me le tendit avec un mépris non dissimulé en me disant: "puriste!". Il aurait pu se sentir outragé par mon attitude qu'il aurait eu raison de trouver insultante. Non, il me laissa partir puisque j'avais payé. Mais il ne parla pas d'outrage.
Les gendarmes de ma jeunesse avaient ils plus de sens de l'humour que de nos jours? Les délits étaient ils moins graves? Peut être. Ce qui est sûr, c'est que ce jour là, j'ai agi comme une imbécile, je dirais même une petite connasse prétentieuse, et s'il m'avait flanqué un autre PV, je ne l'aurais pas volé! Dieu merci, il fut intelligent.
MOTARDS: retour de Macon par la RCEA, route express qui rejoint le Val de Saône à Clermont Ferrand. C'était un jour de course moto. Il y en avait partout, ils circulaient en bandes de 3, 5, jusqu'à 10. Cette route est en travaux, par endroits la chaussée est particulièrement étroite, ils doublaient sur les lignes blanches, slalomaient entre les voitures, les camions. D'un seul coup j'en voyais surgir un sur ma gauche, penché en avant, plein pot, sac sur le dos, penché dans les virages comme sur un circuit de F1.
Quand je vois les vitesses que ces motos peuvent atteindre, je m'étonne qu'il n'y ait pas plus d'accidents compte tenus des risques encourus et des risques imposés aux autres automobilistes ou deux roues. J'en entendais un dire un jour qu'il était très prudent, qu'il était loin d'être un fou du guidon, qu'il avait même une photo de sa femme et de sa fille sur le dit guidon! Malgré la présence de ce talisman, je ne serais pas montée avec lui pour tout l'or du monde! Ce jour là, ils seprenaient tous pour des as de la moto, sans prendre en compte qu'il circulaient parmi d'autres véhicules. Je suis arrivée à la maison, j'étais épuisée d'avoir eu peur pendant 40km de renverser ou d'accrocher un de ces motards. Dieu merci, il n'y eut pas d'accident, mais j'ai eu vraiment la trouille!
MARINA: c'est le nom de la petite fille de 8 ans que ses parents ont battue à mort. Les instituteurs ont fait un signalement, l'hôpital aussi, et les services sociaux n'ont pas suivi. Là est la vraie question. Et cette petit fille est morte d'indifférence, et j'en ai un immense chagrin. Comment peut on en arriver là, à martyriser sa propre fille? Je ne comprendrai jamais que cela puisse exister.
MAMBO: c'est le nom d'un petit chien que deux jeunes ont arrosé d'essence et qu'ils ont enflammé! C'est comme pour Marina, ça me fait frémir d'horreur. Ce matin c'était le procès de ces deux tarés (comment expliquer une telle attitude, sinon par un trou danhs le cerveau, ou quelque chose qui ne tourne pas rond), et j'espère qu'ils auront écopé un max. Je sais ce n'est aps charitable, c'est pas joli d'être rancunière..etc...tec. J'assume, dans des cas comme ça, je suis horrible tellement ça me dégoûte et m'horrifie. Car s'en prendre un animal sans défense, simplement pour voir comment ça brûle, un chien, c'est vraiement une horreur. Et ne venez pas me dire comme le journaliste de France Inter qu'il y avait "au même moment un procès contre un homme qui avait frappé sa femme, et qu'il n'y avait pas de caméra pour filmer". S'il devait y avoir des caméras chaque fois qu'on juge un mec qui se comporte comme un affreux macho vis à vis de sa moitié, qui dans un tel cas ne représente pour lui même pas une miette, il faudrait une armée de caméras chaque jour! Une femme peut faire appel à la loi, elle a théoriquement le droit d'être protégée. Un animal, non. Pour lui, aucun recours, si ce n'est la compassion de gens qui ne peuvent supporter cette violence gratuite. Le cas de ce chien est choquant parce que rien ne peut justifier cet acte monstrueux. Il faut savoir que dans notre législation, un animal est considéré comme un "bien meuble", c'est à dire comme un tabouret ou une savate! Pas plus. On ne prend en compte ni sa capacité d'être vivant, de sentir de la souffrance, de parfois mourir de douleur. Un animal ce n'est ni un bout de bois qu'on peut faire flamber comme ça pour s'amuser, ni un être insensible. Une société qui ne défend pas les plus faibles, les plus vulnérables, les sans défense, ne peut pas se dire civilisée.
SUICIDES AUX TELECOMS: c'est comme pour le cas de Mambo le petit chien, c'est une véritable honte. Nous connaissons des employés qui nous ont un peu expliqué comment ça fonctionne. il faut dégraisser le personnel. A moindre frais qui plus est, par des "départs volontaires". Et comment y arriver? Mais en rendant la vie impossible aux employés. Vous êtes ingénieur? Votre poste saute, ou vous êtes remplacé, et on vous envoie sur une plateforme répondre au téléphone. Ou bien, on vous placardise en ne vous donnant rien à faire, ou si peu de choses que vous êtes totalement dévalorisé. Vous habitez à l'ouest de la ville et à dix minutes de votre travail? Impeccable! On va pouvoir vous pourrir la vie en vous envoyant tout à fait de l'autre côté, à l'est, afin que vous profitiez de deux heures de transports en commun....etc... Ils ont plein d'idées. On vous fixe des "objectifs" irréalisables de 6 opérations rentables par jour. C'est des abonnements à vendre, des services à la con qu'il vous faut placer à n'importe quel prix et chez n'importe qui. C'est pourquoi, vous qui avez votre ADSL qui ne fonctionne pas par manque d'netretien des lignes, ou pour une autre cause dont vous n'êtes pas responsable, on ne vous répond pas au téléphone, on fait tout pour vous décourager, on vous balade de bureau en boite vocale, de ligne rouge en autre bureau. Vous tapez X, vous retapez 1 ou 8 ou je ne sais quoi, jusqu'à ce que vous pétiez les plombs et que vous abandonniez. Les télécoms sont devenues un lieu de suicide, une entreprise inhumaine. Je pense que tout le monde n'est pas prêt à se suicider pour son travail, mais les gens fragiles, fatigués, découragés, sont les proies toutes trouvées. En plus, les télécoms, c'est très rentable. Je crois qu'ils font environ 35 milliards de chiffre d'affaire et 8 milliards de bénéfice! Au moins, c'est du rentable pour l'état qui est actionnaire de ce bidule. Mais pour les gens qui y travaillent, c'est une calamité, car il n'y a pas 23 morts en 18 mois sans raison. Dans les vraies entreprises avec des patrons qui investissaient leur argent dans leur outil de travail, c'était dur, mais les responsables avaient encore le sens des responsabilités, et pensaient que les humains n'étaient pas des machines, des esclaves ou des choses vaguement identifiables qu'on pouvait pressurer jusqu'à plus soif. On les disait paternalistes. peut être. Mais ils avaient conscience de travailler avec des humains, pas des robots. Les "managers" actuels ont autant de sensibilité qu'un morceau de bois!Et tant qu'il en sera ainsi, qu'on réduira tout aux chiffres à court terme, il y aura des morts.
Et c'est lamentable!
Voilà mes coups de gueule de retour de vacances. Bonne semaine à vous, et dites vous bien qu'aucun travail ne vaut qu'on y laisse sa vie. Le travail est fait pour gagner sa vie, pas pour la perdre!