Mercredi 4 juin 2008 3 04 /06 /Juin /2008 15:03

     Parmi les bienheureux originaux que j'ai eu le plaisir d'accompagner en voyages, l'une fut à la fois un cauchemar, et un enchantement.

    Cette dames respectable d'environ 70 ans, était une cliente habituelle que je retrouvais souvent dans mon bus, pour toutes sortes de destinations très variées. Elle arrivait le matin bien avant tout le monde. Sachant qu'on partait habituellement vers les 4 h du matin vous imaginez l'heure à laquelle elle se pointait au point de rendez vous. Nous nous sommes souvent demandés si elle se couchait. Le matin, elle était là, immobile, sa valise à ses pieds, un grand manteau même l'été, le chapeau sur la tête et ses gants. Le sac à main pendait à son bras, sagement, immobile. Tout le temps où elle attendait, elle ne bougeait pas. Quand vous attendez, surtout avant un voyage, vous marchez de droite à gauche, vous regardez les pubs si vous êtes en ville, ou les étoiles si vous êtes à la campagne. S'il y a un siège d'abribus, vous vous asseyez, vous vous levez, faites quelques pas, vous rasseyez, changez de fesse, regardez votre montre, vérifiez pour la dixième fois que vous n'avez rien oublié... Elle, rien. L'immobilité totale, et aucune expression sur le visage. La première fois que je l'ai vue apparaître dans la lumière des phares, le chauffeur me dit: "Tu verras, elle est bizarre. Elle peut être aussi sympa qu'elle peut être emmerdante". Je sais que ce sont des mots qu'on ne devrait pas utiliser "quand c'est qu'on cause bien". Mais comme ce sont des citations, on n'a pas le droit de les dénaturer. Le langage des chauffeurs de bus entre eux est bien loin de la langue de Molière.

     Au fur et à mesure que les gens arrivent pour un voyage, c'est toujours la pagaille. On se retrouve, on discute, on s'installe. Comme elle était toujours dans les premières inscrites à l'agence, elle avait droit à une place avant. Côté fenêtre. Dans les agences, on commence les inscriptions par les sièges avant. Si vous êtes le premier, vous avez droit à la place derrière le chauffeur, ou juste à l'entrée. Les départs se font dans une ambiance joyeuse et bruyante, ça monte, ça redescend parce que ça a oublié quelque chose dans la sac. Bref, c'est le souk!

     Mais elle, non. a l'arrivée, elle salue fort courtoisement de la tête le chauffeur et l'hötesse. Mais elle ne leur serre pas la main, ne les embrasse pas, rien. Beaucoup de nos clients deviennent des amis à force et on les retrouve toujours avec plaisir. Mais elle, rien.  Elle rejoint sa place, toujours la même. Avec soin, elle dépose son manteau dans le rack au dessus de sa tête, le chapeau installé dessus soigneusement. Puis son sac dans le filet devant elle, et elle s'assied, ....avec ses gants. Quel que soit le temps, la destination, elle a toujours ses gants.

     Au début, je pensais que cette personne soufrait peut être d'une maladie qui la gênait. Elle avait le teint et les yeux très clairs, je lui attribuais une peau fragile. Cela n'avait pas l'air dêtre le cas. Dans le bus, elle ne parlait pas à ses voisins, restait distante, toujours méfiante, comme si les autres lui voulaient du mal. Elle regardait et prenait des notes. Elle n'avait pas d'appareil photo et n'achetait jamais de cartes postales. Au fil des voyages, j'appris ainsi, par les autres, qu'elle avait été d'abord professeur, puis inspectrice d'académie.

     A son arrivée à l'hôtel, elle se précipitait dans sa chambre, et javais intérêt à ce qu'elle ait une chambre qui lui plaise, sinon dans les 2 minutes elle était redescendue, et faisait un scandale au milieu de la réception. Le problème, c'est qu'on ne savait jamais si on allait tomber juste. Il suffisait qu'on pense  lui faire plaisir en lui donnant une chambre au calme sur la cour pour qu'elle la trouve sinistre. Au contraire, une chambre gaie, sur une rue passante ou piétonnière était trop bruyante. Le scandale continuait jusqu'à ce qu'elle obtienne satisfaction. L'agence la ménageait parce qu'elle faisait plusieurs voyages par an et ne chipotait pas sur les frais. J'ai eu des problèmes avec elle, parce que je ne voyais pas de quel droit elle me demandait de la changer de chambre sous prétexte que la vue n'était pas à la hauteur de ses éspérances. Quand c'était possible, qu'il restait des chambres libres, je le faisais volontiers, mais le jour où elle m'a demandé de virer un client pour prendre sa place, j'ai dit non. Elle me menaça de rester dans la réception toute la nuit. Je restais ferme sur mes positions, et je lui dis que si cela pouvait lui faire plaisir, je n'y voyais personnellement aucun inconvénient. Elle céda et regagna la chambre, tout à fait plus que correcte qui lui était dévolue.

     Parfois, la situation devenait difficile dans le bus, et elle faisait des réflexions sur les autres clients, trop bruyants, qui chantaient trop fort, qui lui mettaient la climatisation sur le nez, tout était bon pour râler. C'est le moment que choisissait le chauffeur, pour la faire entrer en scène:"Mme X....., pouvez vous nous raconter l'histoire du pays, s'il vous plaît?". Alors, c'était le silence dans le bus, tout le monde attendait qu'elle prenne la parole. Et elle racontait, elle contait plus exactement. Pendant une heure, on remontait le temps, on vivait l'une ou l'autre époque, les grands événements. Le plus frappant fut un tour d'Andalousie. Elle fut géniale: drôle, inventive, convaincante, érudite... Elle était fascinante quand elle racontait. Elle avait un pinceau dans la voix, on visualisati tout ce qu'elle disait. Ses mots étaient précis, fluides, un vrai régal. C'était une encyclopédie à elle toute seule.

     Un soir, nous nous dirigions vers la salle à manger, après un petit détour aux toilettes. J'entrais, elle était entrain de se laver les mains au lavabo. Deux minutes après, quand je ressortis, elle était plantée au milieu de la pièce. C'était la première fois que je la voyais sans gants. Je fis comme elle, frictionnais mes mains sous le jet d'eau et m'apprêtais à ressortir. Je me mis derrière elle pour la laisser sortir la première. Elle ne bougeait toujours pas, plantée là, comme une souche.
"Je vous en prie Madame, après vous...."
     
     Elle était immobile, les deux mainstendues devant elle, son sac sur le bras.
"Je ne peux pas... Je ne peux pas ouvrir la porte."

      J'étais complètement déconcertée. Ce n'était pas la première fois que je venais dans cet hôtel, la porte s'ouvrait sans difficultés, je ne comprenais pas.
"Mais si, Madame, elle n'est pas dure, et la poignée est très souple"

     Elle ne bougeait toujours pas. Je commençais à me demander ce que j'allais faire. Je n'osais pas passer devant elle comme une impolie, mais je ne me voyais pas rester plantée au milieu des lavabos pendant toute la soirée.
"Non, je ne peux pas..... Je vais me salir les mains..."

     Je fus soulagée, je dis "pardon", passais devant elle et lui ouvris la porte. Elle passa devant moi, rouge comme une pivoine, gênée au delà de tout. Elle ne me dit ni merci, ni rien. Elle était raide comme un passe-lacet.

      Je parlais de ma mésaventure au chauffeur qui la connaissait bien, et lui demandais comment elle faisait si elle était toute seule dans les toilettes.
"Elle ne sort pas... Ou si elle a ses gants, elle les enfile. Là, elle a dû les oublier. Si je ne la vois pas à la salle à manger, je vais la chercher. Sinon, elle est capable de ne pas manger pour ne pas toucher une porte de toilettes après s'être lavé les mains"

      Cette dame avait la phobie des microbes. C'était pour ças qu'elle portait toujours des gants, qu'elle ne parlait à personne, ou toujours à distance respectueuse. Son gros boulot pendant le voyage, c'était que le moins possible de gens soient au courant de cette manie. Tout le monde le savait, mais tout le monde faisait comme si de rien n'était.

      Il y a des gens bizarres partout

Par monique de lavesvres
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Mardi 3 juin 2008 2 03 /06 /Juin /2008 22:25

      Depuis que le monde est monde, l'eau a toujours été le centre de la vie. c'est grâce à elle que notre planète est habitée, qu'il y a des oiseaux, des chats, des chevaux ou des éléphants. Que les poireaux poussent dans nos jardins, que les fleurs explosent au printemps, qu'on peut manger des fruits et des salades... On se baigne dedans, aussi bien dans les lacs, la baignoire que les lacs ou les rivières. Elle nous lave, nous rafraîchit, nous purifie. Dans toutes les civilisations ou les religions, on a célébré l'eau comme la plus grande richesse que Dieu (ou la nature) ait mise sur la terre.

      Et sans eau, plus de vie..... Pour en trouver, on va voir sur Mars. Cette planète, a peut être été une terre avant d'être un désert ruiné par la folie de ses habitants. Il y avait peut être des maisons avec des animaux, le chat dans son panier, le chien dans sa niche, des ados dans des rave-parties et des grand-mères tricoteuses. Maintenant, ce n'est plus qu'un vaste espace vide et désert, sans végétation ni humanité, qui tournoie dans un autre vide sidéral. Rien que d'y penser, j'ai le vertige.

(une petite phrase pour mémoriser les noms des planètes: "Me (Mercure) voici (Venus) toute (Terre) mignonne (Mars), je (Jupiter) suis (Saturne) une (Uranus) nouvelle (Neptune) planète (Pluton)")

      Mais revenons donc sur notre bonne vieille Terre, la plus belle des planètes de notre système solaire, puisque c'est là que nous habitions.

      L'eau y est partout en ville comme à la campagne. Les rivières ont l'intelligence de passer au milieu des villes pour faire plus joli et promener les bateaux Mouche comme à Paris ou Amsterdam. A la campagne, étangs et mares, creux et rigoles sont pleins de vie, ça grouille de tétards, de poissons gros et petits. Pendant des millénaires, on a vécu de la nature environnante. Nos ancêtres "chasseurs-cueilleurs-pêcheurs" prenaient dans les buissons, dans les arbres, les fruits pour se nourrir, coursaient un mammouth pour tailler leur steack, soulevaient les pierres des ruissseaux pour trouver ecrevisses, truites ou saumons. Ils avaient ainsi de quoi manger à leur faim et la rivière étanchait leur soif.

        Puis vint la civilisation, on prit de plus en plus d'eau, partout où on pouvait, mais il y avait encore de la marge. Puis vint la culture, puis l'irrigation, puis les immenses villes, puis les industries, puis les cochonneries, les poulailleries, les lapineries, les canardières dont on déversa les déchets dans l'eau. Celle ci devint un égoût à ciel ouvert qui recueillait toute la crasse, les saletés, les déchets dont on ne savait que faire. On en déversa tellement, que même les mers et les océans devinrent des réservoirs à saletés et commencèrent à crier "Pouce!". Les poissons diminuèrent, diminuèrent..... On dit aux pêcheurs qu'il faudrait arrêter de prendre sans arrêt, et prendre encore car bientôt il n'y aurait plus de poissons dans les océans, les mers et les rivières.

      Et c'est ce qui est entrain d'arriver. On s'en rend compte en ce moment pour les morues de Terre-Neuve. Comme elle commençaient à disparaître, les grands manitous ont décidé après s'être réunis nombre de fois de remédier au problème: "On ne va plus pêcher, les morues vont se refaire une santé, et on pourra recommencer"

     Ce qui fut fait, plus de morues sur les étals, elles se refesaient de bonnes joues roses au fond de leur océan. Et bien pas du tout. Malgré l'arrêt de la pêche, la population n'augmente pas. Pour une raison simple que personne n'avait envisagée: comme elles ne sont pas assez nombreuses, elles qui étaient les prédateurs d'autres poissons, sont devenues les proies. Ceux qu'elle boulottaient gaillardement se gobent les oeufs de morues pendant qu'ils sont tout petits. Alors, la population stagne, puis elle disparaît petit à petit, et ce sera définitif si on ne fait pas des élevages pour sauver l'espèce. Mais pour ça, il faut 7kg de "poissons-fourrage" (quelle horrible façon de parler d'un être vivant, lui daigner même le droit d'être considéré pour ce qu'il est: un animal) pourobtenir un kilo de poissons d'élevage. On pique chez Pierre pour nourrir Paul. On tourne en rond.

     Un exemple, qui n'a rien à voir avec l'eau, mais que je veux citer quand même. Ce matin j'entendais un médecin qui parlait du numerus clausus imposé aux étudiants en médecine. Il y a environ 20 ans, les agités du bocal qui nous gouvernent (Dieu merci, ils n'y arrivent pas toujours!), tous confondus, médecins, technocrates, grosses têtes, petites têtes, techniciens, fonctionnaires, syndicalistes... ont eu  une géniale idée pour faire faire des économies à notre merveilleuse  sécurité sociale: réduisons le nombre des médecins, moins de médecins, donc moins de malades, donc moins de remboursements! Plus de sous à rendre, tout pour la caisse. CQFD! Quel talent! Et on leur paie des études pour ça! Mais a-t-on jamais vu que diminuer le nombre de garagistes empêchait les voitures de tomber en panne? Et bien, n'importe quel plouc du fin fond de la cambrousse la plus reculée, n'ayant jamais fait aucune étude mais ayant un peu de bon sens et après avoir réfléchi moins de deux minutes, aurait pu vous donner le résultat de cette énorme connerie: ce n'est pas en diminuant le nombre de médecins qu'on empêcherait les gens de tomber malades! Non, mais on remplira les salles d'attente des médecins qui resteront encore. Ce médecin reconnaissait qu'ils s'étaient tous plantés en beauté et qu'il faudrait attendre 2025 pour sortir de ce merdier où toutes ces intelligences supérieures nous ont mises! Bravo, messsieurs! "Gouverner, c'est prévoir!" Et bien, ils n'ont pas "gouverné" et ils ont "prévu" à côté de la plaque.

     Revenons à l'eau. Cela va de mal en pis. Dioxine, PCB, glyphosate, atrazine, simazine, désherbant, engrais de toutes sortes, nitrates, phosphates, médicaments.....on peu continuer la liste pendant des heures. Et avec des conséquences assez curieuses.

     Tous les produits "phytosanitaires", surtout les phosphates, nous amènent des algues vertes qui empoisonnent les plages de Bretagne que ça en devient irrespirable dès que la température atteint 15°. Imaginez quand il y a 25°, c'est une horreur. Les rochers, les plages, sentent la pourriture et il faut lmettre des chaussures à crampons pour marcher dans cette espèce de glue sans se casser la figure et y laisser la moitié de ses jambes. Parce que c'est traître ces saletés! Cela s'aglutine en magma informe et on ne voit pas où on pose les pieds. Mêm les moules et les couteaux se sont fait la malle depuis longtemps. Tout ça grâce aux "cochonneries" bretonnes qui fleurissent comme chrysantèmes à la Toussaint. C'est une gale, ça s'étend, ça s'agrandit comme par hasard, tout doucement, sans faire de bruits...Et la mer efface sur le sable, les pas des amants désunis..... Zut, ça c'est de la poésie... Et il y a bien longtemps qu'un amant ayant une once de jugeotte n'amène plus sa copine au bord de mer pour profiter des couchers de soleil. Ou alors, comme cadeau de fiançailles, il lui offre un masque à gaz et une combinaison étanche!

     Dans l'eau on trouve aussi des nitrates autour des prés. C'est un peu une exclusivité rurale. Tous ces animaux qui servent à nous nourrir sont de gros producteurs de déchets. Je ne sais pas quel poids fait une bouse de vache, mais je vous assure que chez nous, dans notre bien aimé charolais, la production est très au point, la qualité est là, on peut faire confiance aux bovins charolais pour faire des bouses qui pourraient figurer dans un musée. Je suis sûre que l'autree hurluberlu qui avait exposé une de ses production personnelle au musée de Copenhague (ou Oslo, j'ai un trou...) ne fait pas le poids! Donc tous ces cadeaux qui émaillent nos vertes prairies font des nitrates qui vont dans l'eau et la polluent. Et je ne parle pas du petit pipi du matin! 10 litres pour une bestiole qui pèse 500kg et boit 100l de flotte par jour. IL faut bien qu'elle en fasse quelque chose. Quand ça se déclenche, c'est une fontaine, une cascade...  Niagara fait minable à côté. Et c'est aussi tout plein de nitrates... Qui dégoulinent et qui aboutissent dasn les rivières. ou dans une station d'épuration avec un peu de pot. Mais ça ne change rien. Ces dernières ne retiennent pas les nitrates. Et si vous mangez de si jolies fraises, c'est grâce à la merde des HLM à poulets...... Bon appêtit!...

     Et il y a aussi les déchets de médicaments. Quand vous prenez des antibiotiques, vous ne gardez pas tout, vous aussi vous "é-li-mi-nez". Ces résidus vont dans l'eau, que vous rebuvez plus tard après être passée par la station d'épuration. Qui n'élimine pas les antibiotiques. Alors, vous devenez "résistant", et quand vous en avez besoin, c'est comme si vous pi..... dans un violon! Vous pouvez les mettre à la poubelle, ils ne vous seront d'aucune utilité.

     Comme autre médicament, les hormones. Mesdames qui prenez des contraceptifs, là aussi vous en remettez la moitié à l'eau. Quel gaspillage! Et la station d'épuration ne les garde pas, ça ne l'intéresse pas. Alors les poissons évoluent. Au départ, c'est un adorable poisson-garçon, le vrai mec à nageoires carrées et barbillons ravageurs. Après deux ou trois ans dans ce jus d'hormones, vous vous retrouvez nez à nez avec une superbe poisonnette-fille qui a viré sa cuti et qui s'est mise au porte-jerretelles! Et vous aussi, messieurs, vous risquez d'avoir des surprises. Quand vous voudrez fonder une famille avec bobonne, que dalle! Panne sur toute la ligne, plus de petits spermatozoïdes fringants. Le vide...... et pas de berceau, de couffin, de pleurs à 3h du matin et de risettes. J'ai l'air de prendre ça à la légère, mais ce n'est pas le cas. Je trouve ça infiniment triste. Alors je fais comme Molière (ou Marivaux?) "Je me dépêche d'en rire avant que d'en pleurer"

     Comme il est déjà tard et que vous avez peut être un petit creux, je vais vous raconter la merveilleuse hitoire du "panga".

     Il était une fois, le delta du Mékong. C'est à voir au moins une fois dans sa vie. Ce fleuve de plus de 4000 km naît au Tibet, s'engoffre dans les gorges du Yunnan, traverse tout le sud est asiatique, fait la frontière entre le Laos et la Thaîlande pour se jeter en mer de Chine, est une rivière peuplée. Nombre de gens vivent sur l'eau, dans des cabanes bâties sur pilotis ou sur les bateaux.

    Sous les maisons à pilots, une tradition veut qu'on mette des casiers de bambous dans lesquels on élève des pangas. C'est une habitude ancestrale qui se perpétue. Tous les jours, on nourrit ces poissons avec diverses "choses" sur lesquelles il vaut mieux ne pas s'attarder, sortes de boulettes indéfinissables que mon matou refuserait dans son assiette (c'est un matou raffiné, il mange dans une coupelle en verre, et une de mes amie lui a donné la sale manie de manger du "Sheba Mousseline". Si, si, ça existe! Et comme je tiens à ne pas finir sous les ponts, je triche honteusement, je mélange! Le premier qui lui vend la mèche, je le raye de la liste de mes amis...) Bref... Les pangs se précipitent sur ces choses, et grossissent dans les casiers sous les maisons. Dans les maisons sur l'eau, les toilettes, c'est un sol en lattes avec des interstices sur lequel on fait ses petits et gros besoins. Une louche de flotte prise dans le Mékong pour rincer, et le nettoyage des latrines est fait. On ne fait pas un trou, car au dessus de l'eau, c'est un coup à se payer un bain de minuit. ET dans quoi sont ils les pangas pendant ce temps? Et bien, ils flottent tout près, nagent, mangent.... sous les écoulements qui leur arrivent de l'étage au dessus. 

    Cet artisanat a éveillé l'intérêt d'un français (dont j'ai oublié le nom, Dieu merci!) qui a pensé que ce poisson qui ne craignait pas de vivre dans la m...., disons poisson rustique pour rester élégante, pourrait résoudre le problème de l'alimentation en poissons des grandes cités européennes. Mais il ne se reproduisait pas assez vite à son goût. Que faire pour qu'il fasse plus de petits pangas, qui feront encore plus de petits pangas... Il trouva, je ne sais comment et je ne veux pas savoir, que si on récupérait des urines de femmes enceintes, qu'on les déshydrate, et qu'on les injecte aux mamans pangas, elles se mettaient à pondre à tire larigot, on en les arrêtait plus. Donc au lieu de tout garder pour soi, on peut vendre, alimenter les marchés européens en bons petits poissons... Donc les cages sous les maisons sont devenues immenses avec une densité de poissons au mètre carré impressionnante. Il semblerait qu'on puisse marcher dessus tellement is sont serrés...

   Voilà, ce que je voulais vous dire sur l'eau. Et puis encore. Vous qui êtes comme moi, un vrai chameau qui a rarement soif, je vous annonce la nouvelle du siècle: vous nêtes plus obligés pour votre santé de boire votre litre et demi d'eau par jour. C'est encore une connerie lancée par les producteurs d'eau de source et minérales pour écouler leur marchandise. Buvez si vous avez soif, sans plus. Ouf! Je ne serai plus ridicule parce que je n'ai pas ma bouteille en plastique pour boire un coup par heure en m'arrosant le menton et le chemisier.

     Et maintenant, un petit panga grillé avant d'aller dormir? Allez, bon appêtit, et bonne nuit..."de Chine, nuit câline, nuit d'Amour..... Nuit d'ivreeeesse! De tendreeeesse!...etc....etc"

    A bientôt

Par monique de lavesvres
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Dimanche 1 juin 2008 7 01 /06 /Juin /2008 18:50

      Dans ma chronique appelée "8 Mai, le reste des nouvelles", je parlais d'un petit calcul que nous avions fait, par lequel nous étions arrivés à la conclusion que le prix du baril de pétrole n'avait pas augmenté depuis les années 2000 et la mise en place de l'euro. 

     Dans le numéro 460 de "Que choisir?", Mr Maurice S. de Vannes, fait un calcul similaire au nôtre, mais en plus précis. Je vous livre l'intégralité du texte tel qu'il est paru dans ce journal:

"Pourquoi aucun média, y compris "Que Choisir?" ne relève une anomalie pourtant criante qui touche le prix des carburants servis à la pompe? Lors de l'entrée en vigueur de la monnaie unique européenne, il fallait 1,20€ pour obtenir 1$ (dollar). A cette époque, le baril de pétrole atteignait 72$, soit 86,40€. Le prix du litre de SP 95 tournait autour de 1€. Fin Avril 2008, le dollar ne valait plus que 0,62€. Le baril avait grimpé à 112$, soit 69,44€. Pour les européens, il est donc moins cher que lors de l'arrivée de l'Euro. dans ces conditions, pourquoi paie-t-on son litre d'essence autour de 1,40€?"

      Commentaire de "Que Choisir?": Bonne question qui pourrait alimenter le débat notamment ouvert par "EFC-Que Choisir?" sur les profits records des compagnies pétrolières et le système de facturation au public des carburants.

     Bien, bonne idée, mais j'attends de voir un article sur le sujet repris dans un hebdomadaire ou à la radio. Ou même dans  "Que Choisir?". A la télévision, je ne pense pas qu'on en parle un jour, car la majorité des gens qui regardent les informations se rendraient compte qu''on les prend pour des cons depuis un bout de temps. et je ne suis pas sûre qu'ils apprécient la plaisanterie à sa juste valeur.

     J'ai entendu également, à propos des shypermarchés, que si vous voulez faire des économies, il ne faut jamais acheter des promotions par lots. Ils sont plus chers que la vente au détail! Regardez bien les étiquettes, et allez donc plutôt acheter des produits en vrac, ou chez des commerçants de proximité, vous ne vous laisserez pas tenter par tout et n'importe quoi, et vous ferez des économies en n'achetant que l'essentiel. C'est bientôt l'été, votre ligne y gagnera, et votre santé s'en trouvera mieux.

    Bonne semaine, en espérant que le soleil va réussir à s'installer!

Par monique de lavesvres
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Samedi 31 mai 2008 6 31 /05 /Mai /2008 14:32

         Sur Arte nous avons enrigistré une émission sur la pornographie chez les adolescents. Comment la voient-ils? En regardent-ils souvent? A quel âge ont-ils commencé à regarder sur internet ce genre bien aprticulier de films?

          Tout d'abord, à ma grande surprise, la plupart des adolescents consultent des sites pornographiques, "pour faire comme les autres". Les copains se vantent d'aller sur ces sites, donc, pour être comme les autres, même si on en a pas envie, on va jeter un coup d'oeil.

         Et on a interviewé certains de ces jeunes, à qui on avait mis des masques.

         Quatre ou cinq jeunes, d'environ 16 ans qui vont sur les sites porno pour "pouvoir se masturber". Sitôt un  film fini, on en reprend un autre. Ils ricanaient, affalés dans leur sofa. Triste! Et je suis sûre qu'ils avaient prévenu tous leurs copains pour pouvoir leur demander:" Dis, alors tu m'as vu à la télé?". Je pense qu'ils avaient des  masques parce qu'ils étaient mineurs, mais je suis sûre qu'ils auraient préféré parler à visage découvert. Leur fierté était tellement visible, que ça crevait l'écran.
 
         Une jeune fille d'environ 18 ans, avec un masque vénitien bleu turquoise, assorti à ses yeux magnifiques, (une bouche adorable et des fossettes, plusieurs boucles d'oreilles. Côté anonymat, je ne suis pas sûre que ça ait marché!) a parlé de la pornographie comme nous n'avions jamais entendu une personne adulte en parler. Avec une crudité qui nous a sidérés. Entendre une jeune fille parler de son amour pour le porno en disant "Ce que j'aime, c'est me faire embrocher, me faire enfiler comme un morceau de viande!..... Je suis dans une phase de consommation, je ne regarde pas la personne qui est en face de moi, il ne m'intéresse pas, on va droit au but, au lit, et je repars.... Faire l'amour à plusieurs, parfois ça fait mal, ce n'est pas un plaisir, mais ce qui me plaît, c'est le plaisir de l'autre, ou des autres...."  Je n'ai pas réussi à me faire une idée réelle: est ce qu'elle décrivait ce qu'elle faisait, ou ce qu'elle aurait rêvé de faire? Est elle comédienne, ou vraiment sincère? Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai des doutes, comme si tout ça n'était qu'un rôle. Son attitude, sa façon de se tenir, dénotait une excellente éducation ou des cours de comédie. Elle avait l'air de s'amuser beaucoup... Ses phrases étaient structurées, les mots tombaient toujours justes, comme un texte récité. Une moue parfois, un sourire charmant, j'ai eu l'impression d'une "pro" de la comédie qui, les premières minutes de surprises passées, m'ont fait douter de sa sincérité.

        Les autres jeunes interrogés ne m'ont pas fait le même effet. Je les resssentais comme plus naturels. Certains, presque mal à l'aise, ou un peu gênés.

          Un jeune couple d'environ 18 ans également, avec des masques or et argent. C'est surtout lui qui parle. Et il raconte qu'il a beaucoup de mal à avoir une relation "normale". Sa petite amie actuelle, avait l'air douce, avec des gestes tendres, mais on ne l'a presque pas entendue.

          Un autre jeune homme, avec un masque bleu et argent, une lune sur fond de nuit, avec des étoiles scintillantes. Une voix triste, des yeux clairs, indéfinissable.

         Et on pourrait continuer sur le même registre pendant des heures.

         Certains ont commencé à voir des films pornos à 5 ans. Un jeune expliquait que la première fois qu'il en avait vu un, il ne comprenait pas ce qui se passait. Il a cru qu'on était entrain de soigner un malade. En revanche, ces images ont l'air d'avoir fait du dégât chez lui, même si sur le coup il n'a rien compris.

         Certains vont sur ces sites plusieurs heures par jour et deviennent carrément obsédés par ces images. Et plus ils en regardent, plus ils ont envie d'en voir. Et ce n'est pas du "porno soft"! Un journaliste expliquait que c'est de plus en plus violent, de plus en plus cru, carrément des images "gynécologiques". Il peut y avoir aussi de la zoophilie. Des scènes à la limite de la pédophilie. Ils se filment entre eux, puis passent les photos aux copains. Parfois, on se sert de ces séances filmées pour "punir" un garçon ou une fille. On lui inflige des coups, des viols, on filme des "tournantes", et on balance ça sur internet, pour régaler des petits machos sadiques de 17 ans.

        Les japonais ont un très joli nom (que je n'ai pas retenu) pour désigner une façon de punir une femme: ils la "douchent" avec le sperme de plusieurs hommes qui la cernent. Je n'ai pas 10 ans, et je ne suis pas pudibonde, mais cette scène que j'imagine, je ne peux même pas mettre des mots dessus, tellement cela me choque et me bouleverse. Cela me paraît horrible.

        Le même journaliste que précédemment a fait une étude très approfondie sur le sujet. Il a vu en très peu d'années, une porno, disons tolérable, être remplacée par des images à peine soutenables. Les jeunes filles ont une web-cam chez elles, et se filment elles mêmes, dans toutes les postures possibles et imaginables, nues, à moitié deshabillées, entre filles, mêli-mêlo filles garçons, à deux, trois ou quatre...ou plus.  On a l'impression qu'il n'y a plus aucune limite, plus aucun tabou, que le sexe n'est devenu qu'une compétition, à celui qui en montrerait le plus.

         Puis on est passé aux jeunes filles de l'est, hongroises ou tchèques. Elles commencent à faire des photos, "de charme", puis un peu plus coquines. Finalement, elles en arrivent au porno. Parfois, elle finissent sur les trottoirs. L'une d'elle disait qu'à Prague, c'était presque devenu une "mode", il fallait faire ça pour être dans le ton, pour être "branché". Une jeune femme, très belle, Veronica, tournait dans les pornos pour se faire de l'argent. Si j'ai bien retenu, elle gagnait 1000€ par jour, ce que sa mère gagnait en trois mois. Elle expliquait qu'elle était l'une et l'autre, deux personnalités inséparables: Véronica était une jeune femme normale et sans histoire, et Claudia, l'autre face de sa personnalité, qui tournait dans les films pornos, plutôt "hard". Avec ses lunettes de marque sur le bout du nez, une classe naturelle, elle était déconcertante.

         Je passe sur les regrets des photographes qui regrettaient que la France n'ait pas d'agence spécialisée dans le recrutement de ce genre d'actrices. Je ne sais si c'est un bien ou un mal, je n'ai aucune opinion car je n'ai pas assez d'éléments pour pouvoir donner un avis.

        Ce qui me reste de cette émission, c'est une impression de malaise, d'incompréhension, de surprise devant des comportements que je n'aurais jamais imaginé chez des gens aussi jeunes. Que va être leur vie? Quelles relations vont ils construire avec les autres? Les femmes qu'ils sont appelés à côtoyer dans leur vie professionnelle? Les femmes avec qui ils auront des relations sexuelles, leurs futures amies? Car dans toute l'émission, pas une fois on a parlé d'amour entre deux personnes qui se désiraient, pas une fois il n'a été question de sentiments, d'attention, de tendresse, d'attirance, d'affection. On utilise l'autre comme un objet, puis on le jette puisqu'il ne sert plus à rien.

          Il y a dans tout cela comme un vide. J'aimerais savoir dans dix ans ce que ces jeunes auront fait de leur vie.

         Il y en a un pourtant qui m'a carrément fait "rigoler", pas rire, non, vraiment rigoler, tellement il était sûr de lui: il surveillait ses enfants pour savoir ce qu'ils voyaient, il avait mis des codes d'accès à ce genre de sites, il ouvrait les ordinateurs de ses enfants.... Il surveillait, tout, regardait partout... Mais les jeunes savent très bien "craquer" une défense, trouver un mot de passe et aller où ils veulent, sans rien demander à papa ou maman. Et ses enfants, ils ne vont jamais chez des amis? En classe il surveille les portables des copains de ses enfants pour savoir ce qu'ils ont enregistré? Quelle illusion! Là bas, il ne peut rien surveiller, et ses gamins font comme les autres. S'il n'a pas compris ça, je crois qu'il se prépare à de grosses désillusions.

         Je vous souhaite un bon week-end, et si vous n'avez pas vu cette émission, ne la ratez pas au cas où elle repasse sur Arte. Elle est faite sans voyeurisme, avec sérieux et avec assez de recul pour expliquer sans juger. Instructif et surprenant!



Par monique de lavesvres
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Mercredi 28 mai 2008 3 28 /05 /Mai /2008 20:51

     Essayer de    faire rire avec l'hopital, ce n'est pas gangné à tous les coups, mais parfois, ça tourne au gag. Dans un film ça ferait rire, dans la réalité, c'est pas la même.

     Ma mère a du faire un séjour à l'hopital en Août 2007 pour un problème d'arthrose au genou très douloureux. Comme elle ne peut pas prendre n'importe quoi comme médicaments, et qu'elle a un
problème cardiaque, il a fallu l'hospitaliser pour la garder sous surveillance.

     Bref, un samedi matin, je vais la voir. J'en profite pour faire deux trois courses avant la visite du médecin qui doit passer dans la matinée. A mon retour, toujours personne. Pour patienter, on discute, on papote, on attend, on rit... Comme elle n'a pas mal quand elle ne marche pas, rien ne l'empêche de lire, tricoter.....

     Arrive la femme de ménage pour faire la chambre. Afin de lui permettre de déplacer les chaises à sa guise, je m'assieds sur le lit, maman et sa voisine occupant chacune un fauteuil. Et on continue à discuter comme deux commères, des potins du village, des événements familiaux, de la pluie, de l'orage, du jardin, de tout et de ces petits riens qui font le charme des petites conversations entre amis.

      Tout à coup, nous voyons se pointer à la porte de la chambre, une sorte de tornade d'âge indéfinissable en habits de ville, surmontée d'une crinière d'un roux flamboyant qui semble avoir rencontré un peigne vraiment par accident. Pour compléter le tout, un sac à main large comme une valise, fait des moulinets autour de son bras au risque d'éborgner quelqu'un. La petite femme de chambre qui n'avait pas encore fini son travail, se plaque contre le mur et cramponne son balai pour lui laisser la place. Cette espèce de furie se dirige vers moi, ignorant maman et sa voisine:

"Ch'est le génou qu'il vous fa mal? Yé va changer lé prodouit por che l'é pas assez efficache"

    Disant cela, elle m'assène des tapes sur les genoux, l'un après l'autre, afin de savoir sans doute, quand je me mettrai à hurler, quel est le genou malade. Taper du plat de la main sur un genou qui peut être douloureux, c'est un curieux moyen de faire un diagnostic. Je reste interloquée et sans voix. Ce qui est assez rare pour être noté!. Je lève les yeux vers la porte pour voir l'infirmière dans le même état que moi: les yeux ahuris, la bouche en rond et les sourcils en accent circonflexe.

"Excusez moi, Madame, je ne suis pa malade.... C'est ma mère" Et de la main, je lui désigne ma maman qui regarde tout ça aussi surprise que nous. 
     
    On dirait la bonne portugaise de Claire Brétécher, Mme Rosario!

     Je n'en reviens pas. Elle est médecin, du moins j'espère,  elle vient dans un service de gériatrie, et la seule personne qui l'intéresse c'est moi! Je sais que je ne peux pas prétendre au rôle de jeune première, mais quand même. J'ai 58 ans et la majorité des malades de ce service oscille entre 70 et 90 ans. Soit j'ai vieilli d'un coup depuis ce matin et je ne m'en suis pas rendue compte, soit il y a un truc qui ne tourne pas rond chez cette bonne femme. Il me semble qu'un minimum de jugeotte, le moindre sens de l'observation, aurait dû lui faire remarquer que je suis en chaussures de ville, que j'ai un sac à main près de moi, et que les deux occupantes des fauteuils, d'un âge certain, sont encore en robes de chambres, chaussées de pantoufles, dans l'attente du médecin. Il me semble que c'est à ce genre de détails qu'on différencie un malade d'un visiteur dans un hopital.

     Elle change de cible, et fait comme pour moi: elle essaie de taper sur les genoux de ma mère, qui par mesure de précaution se met à hurler avant qu'elle ne la touche et recule le plus loin possible dans son fauteuil pour éviter de se faire taper dessus. Si elle continue, elle va rentrer dans le mur. Moi, je ne me méfiais pas, mais ma mère, si!

"Ah, ch'est là qué cha fa mal!!!! Yé va changer lé médicament perche qué l'otre, li fa rian dou tout..."

     J'essaie de suivre dans ce charabia presque incompréhensible. Espagnole ou portugaise, j'hésite. Je lui signale que maman ne peut pas prendre n'importe quoi,compte tenu d'un syndrôme de Parkinson. Mais elle n'écoute pas, n'entend pas. Visiblement, elle ne sait rien de sa malade. Maintenant, ses cheveux sont piqués carrément debout, et elle n'a toujours pas lâché son sac à main qui se balade de droite à gauche.

"Chi....Yé va loui donner Topalchic, ch'est très bonne pour l'arthroge. Avé Dafalgan... Lé po prendre Dafalgan?"

     Elle me demande ça à moi. Je connais les médicaments qui lui sont interdits parce que c'est écrit dans son dossier, mais c'est elle le médecin. Elle est supposée savoir qui elle soigne, de quoi, comment... avoir lu les rapports médicaux. Du moins c'est ce que j'ai toujours cru. Mais là, en moins de cinq minutes, c'est fini, la visite est terminée. Elle n'a pas lâché son sac à main, pas posé sa veste. Dieu merci, elle n'a blessé personne.

     Elle commence à traverser la pièce pour sortir comme si elle avait le feu au derrière! Elle fait des enjambées de grenadier. L'infirmière est toujours collée au chambranle de la porte, et je sens l'envie de rire me gagner. Mais elle fait demi tour pour revenir! Elle a oublié quelque chose. Elle retraverse la chambre, salissant ce que la petite venait de laver juste avant son arrivée. Elle la regarde passer à toute vitesse comme une vache devant le TGV. Elle tient toujours son balai à la main, et maintenant, elle a planqué son seau.

"Lé faut qué la dame elle magriche. Lé poids, l'est pas bonne pour l'arthroge"

     Elle repart, prend un virage comme si elle était dans les chicanes du Grand Prix de Monaco et atteint le couloir, suivie au pas de course par l'infirmière.

     Je n'ai pas le temps dire quoi que ce soit, qu'elle a tourné les talons. La petite femme de ménage me regarde, toujours médusée, appuyée sur son balai. Elle vérifie en se penchant vers la porte qu'elle est vraiment partie. Elle aimerait bien finir de laver... pour la troisième fois. Dieu du Ciel, faites qu'elle ne revienne pas!

"C'était le médecin?" J'ai du mal à y croire.

"Je ne sais pas, je ne l'ai jamais vue. En tout cas, elle est bizarre...."

     Bizarrre? Vous avez dit bizarre? Tu parles, je la crois complètement toquée. Je reprends mes esprits,  je me dis que j'ai dû avoir un petit moment d'absence, que tout ça n'est pas vrai, que j'ai dû rêver. C'est la première fois que je vois une visite médicale de ce style avec un "médecin" aussi original. Je demande à voir l'infirmière, je ne vais pas laisser ma mère aux mains de cette hurluberlue montée sur ressorts et coiffée en balai de ch... Cinq minutes après je vois arriver l'infirmière qui reprend ses esprits peu à peu.

"Alors ça, j'ai jamais vu! Mais c'est bien le médecin de garde, c'est sûr.... C'est la première fois que je la vois, je n'en reviens pas..."

"Vous êtes bien sûre qu'elle est médecin? Et c'est elle qui est de garde?" De mieux en mieux....

"Oui, oui, (mais le ton est quand même dubitatif) c'est elle qui a assuré le remplacement du Dr Trucmuche pendant son mois de vacances, mais je ne l'ai jamais vue à cet étage"

"Et vous croyez que je vais laisser ma mère avec un médecin pareil jusqu'à lundi?"

"Rassurez vous, cette dame (elle n'ose même pas dire "docteur") n'assure l'interim que jusqu'à midi! (Ouf!) Ensuite, un médecin de gériatrie vient de Charolles. Ne vous faites pas de soucis, votre mère ne craint rien, on a tous les renseignements qui la concernent, mes collègues sont au courant de ses traitements, tout se passera bien. Mais je conçois que vous soyez inquiète (tu parles, avec un tel toubib, il y a de quoi), et si vous n'aviez pas demandé à me voir, je serais venue moi même pour vous rassurer. Je me mets à votre place, j'aurais réagi pareil"

      Cette infirmière d'environ 45 ans m'inspire confiance, mais je sens qu'elle risque de mettre les pieds dans le plat au sujet des médecins intérimaires dont on ne comprend pas le quart des paroles! J'ignore ce qu'elle a fait comme étude ce toubib à la manque, mais je ne lui donnerais même pas mon matou à garder! Alors, ma mère, encore bien moins.

     Par mesure de précautions, j'ai demandé à mon frère d'y aller pour garder un oeil sur elle jusqu'à lundi. On ne sait jamais, et deux précautions valent mieux qu'une.

     Tout se termina bien, mais cette visite là est restée dans les annales, et ma mère la raconte souvent à ses copines pour les faire rire.

     Et on nous dit qu'on a "le meilleur système de santé du monde!" Qu'est ce que ça doit être chez les autres. Je préfère ne pas y penser.

Par monique de lavesvres
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Samedi 24 mai 2008 6 24 /05 /Mai /2008 18:11

     Vous avez du recevoir dans votre boite aux lettres un questionnaire sur la qualité de l'eau dans le bassin Loire-Bretagne. Aussi curieux que cela paraisse la partie ouest du département dépend de ce bassin là. Dans notre région nous sommes sur la ligne de partage des eaux, d'un côté la Loire qui coule vers l'Atlantique, de l'autre, la Saône qui descend vers la Méditerranée.

     Il y a un mot du ministre de (de quoi au fait? Je n'en sais même rien! Il y en a tellement, on s'y perd. Zébulon qui voulait avoir un gouvernement "resséré" ne doit pas avoir la même notion que nous du "resséré"). Il veut nous garantir une meilleure qualité de l'eau à l'horizon 2015! Rien que ça. Autant dire à la Saint Glinglin.

     Dans le "Journal de Saône et Loire" du 7 Décembre  2004, il est relaté une réunion qui a eu lieu à Digoin. Je cite un passage important du compte-rendu de cette réunion qui fait le bilan des eaux de notre région:
"Sur les 10 dernières années, on constate une amélioration des nitrates, mais c'est le statu quo pouir les pesticides. On trouve du fer et du manganèse à Perrecy, Vindecy, Paray ayant connu un épisode de créosote. 70 ouvrages font état d'une eau trop acide (Loire), 40 d'un pic de turbidité (eaux troublées par divers déchets d'origine végétale le plus souvent) après les crues de la Loire et 3 de présence d'arsenic, à Chauffailles, Palinge et le Syndicat des eaux de L'Arconce."

     Entre 2003 et 2004, j'ai pris de l'eau dans quelques puits autour de chez nous, dans la région de St Bonnet de Joux, et j'ai fait analyser le taux de nitrate. J'ai fait analyser une fois l'eau du robinet, et on peut constater qu'elle en contient quand même 20mg.
Ci desssous, les résultats de ces prélèvements:
LA VESVRES (hameau) : 06.03.03 = 30mg
  "  "   "  "                           : 03.11.03 = 22mg
 "    "   "   "                         : 17.06.04 = 50mg
GURSIN : 02.06.04 = 60mg
LA VESVRES (ouest) : 03.07.04 = 5mg
GURSIN (robinet) : 23.07.04 = 20mg
CROIX D'AVAILLY: 16.07.04 = 70mg
CHAZELLES: 09.08.04 = 25mg
CHALENTIGNY: 30.09.04 = 15mg
LA VESVRES (hameau): 03.11.04= 15mg
     
     Le puits que nous surveillons le plus souvent, c'est "LA VESVRES-hameau" puisque nous buvons l'eau. Les résultats sans être catastrophiques ne sont pas extraordinaires:
Mars 2003 =22mg / Novembre 2003 = 22mg / Juin 2004 = 50mg / Novembre 2004 = 15mg.

      On peut constater qu'il y a environ de 15 à 30 mg de nitrates par litre d'eau dans notre région. Le seul puits qui fasse exception, c'est celui qui se trouve au milieu de mes terres, cultivées en bio qui est à 5mg. Depuis cette date, je n'ai pas fait refaire d'analyses suivies comme j'ai fait sur 2003-2004, mais des analyses ponctuelles tous les 6 mois que je fais à l'aide de bandelettes. Sans être dune précision extraordinaire, cela donne une indication assez précise de l'état de l'eau et de la présence éventuelle de nitrites, beaucoup plus dangereux que les nitrates, et qui seraient cancérigènes.

    Le puits qui pose le plus de problèmes, se trouve au sommet d'une colline, une sorte de petit col entre St Bonnet de Joux et Suin. Les gens à qui j'ai communiqué les résultats étaient stupéfaits et on fait recommencer une analyse plus pointue du taux de nitrates dans l'eau. Résultat incroyable de 90mg! Désormais, ils ne boivent plus leur eau, ce qui est bien dommage.

    Devant ces résultats, j'ai rencontré Mr J.Rebillard afin de l'alerter sur ce porblème et je lui ai montré les résultats d'analyses. il a eu cette réponse qui m'a laissée un peu interloquée:" Que ça? 30 ou 50mg? Il y a des endroits ou c'est bien pire que ça, il ne faut pas vous plaindre". Avec ça, on va aller loin!

     J'ai écrit à la DDASS, et j'ai reçu de Monsieur Tellier une réponse dont je cite plusieurs  passages:
            "Nitrates dans les eaux potables: la DDASS a en charge la santé publique et à ce titre la surveillance de l'eau potable, mais pas celle de l'environnement en tant que tel. Sur les eaux potables en dehors du problème particulier de l'année 2003 cité ci-dessus, la qualité des eaux vis à vis des nitrates  s'est améliorée en S et L, puisque plus de 95% de la population bénéficie d'une eau contenant moins de 25mg/l, contre 90% il y a 1à ou 15 ans, et toute la population consomme de l'eau conforme aux normes de moins de 50mg/l.
             Situation générale en Set L: la situation générale va dans le sens de l'amélioration en dehors de la pointe de la sécheresse 2003.Cela résulte notamment de l'action menée par la profession agricole pour une meilleure gestion de la fertilisation azotée  de façon à adapter les doses apportées aux besoins des plantes.
            Situation à Vindecy: L'eau est surveillée régulièrement.... On a observé sur les puits le long de la Loire, une augmentation des nitrates suite à la sécheresse de 2003, qui devrait baisser progressivement en 2004, puis disparaître en 2005......
            Qualité de l'eau distribuée: la mise en oeuvre de cette distribuiton a été faite pour améliorer la santé publique et mettre fin aux eaux des puits souvent de mauvaise qualité. Elle a permis de mettre fin à la typhoïde dans le département. La qualité de l'eau du robinet ne peut porter atteinte à votre santé, au vu des résultats d'analyses que nous que ce soit pour la bactériologie, les nitrates, les produits phytosanitaires ou les métaux lourds"

     Cela fait du bien de relire ce qui a été dit il y a quelques années! La quantité d'eau de javel ou équivalent n'améliore pas la qualité de la santé si elle ditruit les microbes et bactéries.Si l'eau du robinet est au niveau des 25mg, voire plus, c'est parce qu'on la mélange avec de l'eau qui n'en contient pas. Et où prend-on cette eau, si ce n'est dans les nappes phréatiques  dont on commence à dire qu'elles sont polluées par la simazine, un produit phytosanitaire interdit depuis plus de 15 ans? (si vous pouvez me confirmer la date de cette interdiction, ça me rendrait service). Ce qui signifie, que la pureté de l'eau n'est pas un sujet léger. Les dégâts d'il y a 20 ans se répercutent aujourd'hui, et  il faut de très nombreuses années pour éliminer les résidus toxiques, quels qu'ils soient. Je passe sur les hormones rejetées sans l'eau, les résidus d'antibiotiques.

     Dans ce dépliant, on fait des constats, mais on n'apporte pas de solutions. Pourtant on en connaît:
1 : Faire comme la région de Munich qui a converti à l'agriculture biologique toutes les zones autour des captages d'eau. Mais pas sur 500m de large, non la région complète! Et l'eau de Muniche se vend en bouteilles! Bien sûr, c'est un coup de pub mais il a l'avantage de montrer le chemin à suivre.
2 : Diminuer le nombre d'animaux d'élevage, bovins, porcins surtout. Les lisiers des stabulations répandus dans des prés devenus des dépotoirs, sont une vraie concentration de nitrates. Mais comme dit notre voisin: "les nitrates, j'en achète pas!". Je pense bien , en revanche, il nous balance des tonnes de fumier et de purin tout autour de la maison et du puits! Il n'en achète pas, mais il en met quand même.
3:  Ne plus mettre de désherbant dans les fossés de routes. C'est interdit, mais si je photographiais tous les endroits ou j'en vois! Cela donnerait une idée de la façon dont la loi est appliquée. Cette pollution est visible, mais je n'ai pas encore vu un maire qui ait écrit à unde ses administré pour le rappeler à l'ordre. Il faut reconnaîtree que les employés communaux désherbent moins. Cette année nous avons vu réapparaître orchidées et iris des marais dans les fossés des routes.
4 : Conserver des haies hautes, qui fassent vraiment barrage aux nitrates et autres polluants. Arrêter de passer le broyeur qui massacre tous les buissons et diminue la faune et la flore des campagnes.  En plus, ces haies sont des pièges à carbone.

     Si ce sujet vous intéresse, vous pouvez demander au "Comité Départemental de Protection de la Nature" le livret réalisé par Odile Panné-Bernard, "La qualité de l'eau en Saône et Loire". Au prix modique de quelques euros. C'est très bien fait et très complet.
Adresse du CDPN: CDPN, chez Jacques Marinier
                                 Place de la Mairie
                                 71700 PLOTTES.

     Dépéchez vous, il me semble qu'il en reste très peu.

     Bonne lecture, remplissez vos questionnaires, et bon week-end.




 

Par monique de lavesvres
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Vendredi 23 mai 2008 5 23 /05 /Mai /2008 13:50

      Dans la "Renaissance" j'ai trouvé un bilan du "Championnat de France de déterrage de blaireaux".

     Bonne nouvelle, il n'y a eu aucun accident, aucune balle perdue, ni chez les Tartarins, ni chez les Ecolos. En revanche, les "éco-guerriers" venus de la région parisienne et de l'Est de la France sont venus pousser des hurlements, et se tailler ensuite dans la nature. Je n'ai rien contre les coups de gueule, j'en pousse assez moi-même pour accepter ceux des autres. Mais je vous en prie, Messieurs, un peu de courage et de dignité! Vous avez le droit de défendre vos idées au nom de la démocratie, mais pas cagoulés! Quand on se cache, qu'on se planque derrière des masques, ce la s'appelle de la lâcheté. C'est méprisable etintolérable. Les écologistes n'ont pas besoin d'une bande de voyous pour faire valoir leurs opinions. Nous avons assez de courage pour le faire à visage découvert, avec des mots souvent vifs, mais sans menaces. Ces procédés  sont inexcusables.

    J'ai relevé quelques interventions de chasseurs et décologistes qui m'ont parues particulièrement judicieuses.

     Mr BLAIN, Asssociation "Serre Vivante"
"L'élimination du blaireau est inutile, car il autorégule ses populations en fonction des ressources alimentaires disponibles dans la zone ou il vit.... Quand ce n'est pas le cas, lorsqu'il y a une trop grande densité de blaireaux, il suffit d'en déplacer une partie. Délocaliser des populations d'animaux sauvages, on sait le faire. Donc inutile de continuer de considérer le blaireau comme un gibier. On peut en interdire la chasse, comme c'est déjà le cas dans six pays d'Europe."

(Avez vous souvent entendu autour de vous des agriculteurs se plaindre d'une surpopulation de blaireaux? Jusqu'à ce jour, dans mon entourage, JAMAIS. Habitons nous dans un zone épargnée par les blaireaux? Je ne crois pas, j'en ai vu un tué sur le bord de la route entre Vendenesse et Charolles il y a une quainzaine de jours. Il doit y être encore.
Tous les animaux sauvages ont moins de petits quand la nourriture est rare. C'est aussi le cas pour les sangliers. Ils prolifèrent parce qu'on les nourrit. Et qui les nourrit? Cherchez bien, vous allez trouver qui a intérêt à avoir beaucoup de sangliers à poursuivre et à accuser de détruire les récoltes de mais? Les chasseurs, avec la bénédiction des agriculteurs qui, comme par hasard, sont souvent chasseurs. A quelques centaines de mètres de chez nous, il y a d'énormes tas de pain pour aider les sangliers à passer l'hiver. Et qu'on ne vienne pas me dire que ce n'est pas vrai. Ainsi, une laie met au monde 7 ou 8 petits au lieu de deux ou trois si les vivres étaient en quantité insuffisante. Ce qui fait autant d'animaux qu'on peut poursuivre et chasser pour protéger les récoltes. Ainsi la boucle est bouclée.
Les chasseurs expliquent souvent qu'ils chassent par amour de la nature, pour promener leur chien... Je veux bien, mais alors, ils promènent aussi leur fusil pour lui faire prendre l'air? Il s'ennuie dans son ratelier? Je compatis.... Je me demande si lors de ma prochaine ballade en campagne, je ne vais pas emmener promener ma batterie de casseroles. Après tout, elles ne sortent pas si souvent. Cela leur fera du bien.... Et puis, fusil ou gamelle, si ça peut leur éviter une dépression nerveuse....)

     Mr ROY, Dr de la Fédération Départementale des chasseurs:
"Exact! Résultat, il prolifère. et devant les  dégâts qu'il cause et les risques sanitaires qu'il fait courir, on en est revenus aux battues administratives"

(On parle de dégâts, je voudrais bien en voir une seule fois des dégâts causés par les blaireaux. Je veux bien croire tout ce qu'on me dit, mais je veux "voir". Dans ce cas, c'est une accusation sans preuve. S'il y en a un parmi vous qui peut me montrer une photo de dégâts causés par cet animal, lui et pas un autre, sanglier ou je ne sais qui,  je suis prête à le croire. Pendant des années, on a accusé le blaireau de transporter la rage. Ce qui s'est avéré totalement faux, car ils sont un "cul de sac épidémiologique", selon le charabia des spécialistes. C'est à dire qu'il semble "vacciné" contre cette maladie et ne la transmet pas. "Qui veut noyer son chien l'accuse de la rage!". Il est très simple de lui mettre des accusations de vecteur de maladie, qui pourraient se trouver démenties dans 10 ans. En attendant, les chasseurs auront eu tout loisir pour s'adonner à leur passe temps favori. Quant à la chasse dans les autres pays d'Europe, elle ne se partique pas comme chez nous. Généralement, elle se fait avec un garde chasse et on ne tire pas sur n'importe quel animal. Je vais essayer d'obtenir des renseignements sur ce sujet au niveau européen.)

     Mr Dufour, responsable départemental de la FDSEA
"Tout le monde s'accorde à reconnaître que les blaireaux posent des problèmes de sécurité sanitaire. C'est le cas en Côte d'Or... On pense (rien n'est prouvé) sérieusement qu'ils pourraient(on n'est pas certains, donc, c'est du bluff) être à l'origine de la recrudescence de la tuberculose dans ce département, où une quarantaine d'élevages doivent être abattus. Comme s'il n'y avait pas assez de la fièvre catharale!. Bien sûr, abattre des troupeaux entiers d'animaux domestiques n'émeut pas les écologistes...Je peux vous dire que tous les agruiculteurs en sont complètement retournés. J'aimerais aussi voir les écologistes s'inquiéter des risques d'accident dus à  des effondrements de terrain lors du passage d'engins agricoles sur leurs terriers"

(Alors, lui il fait très fort! "Tout le monde s'accorde à reconnaître qu'il pose des problèmes sanitaires". Qui, "tout le monde"? J'ai entendu les gens se plaindre de la fièvre catharale, de la maladie de la vache folle il y a quelques années, de la fièvre aphteuse... Et jusqu'à présent le blaireau n'y était pour rien. Du moins aux toutes dernières nouvelles! Quant à la tuberculose, elle a toujours existé. Et ce n'est pas en laissant des animaux en plein courant d'air, en plein hiver, sous des stabulations ouvertes à tous les vents que la situation va s'arranger. Quand même, il n'est pas très sûr de lui, ce faux cul: "....on pense sérieusement qu'il "pourrait" être à l'origine de la recrudescence de la tuberculose." On ne saurait être plus flou et moins affirmatif. Quant au fait que les écologistes se moquent totalement de voir abattre un troupeau de bovins, Monsieur, ou vous êtes un imbécile et n'avez jamais "écouté" un écologiste de votre vie, ou vous êtes d'une mauvaise foi crasse! Je pense que vous êtes assez co....staud! pour assumer les deux.
Quant aux accidents de tracteurs, je vois des engins qui se renversent, des éleveurs tués ou blessés par leur taureau, une vache ou un cheval, des gamins de 16 ans blessés ou tués par des engins énormes attelés de charrues, épandeurs, chars de foin... alors qu'ils n'auraient même pas le droit de conduire une "2 Chevaux" sur une route, si ça existait encore. Car tout fils d'agriculteur peut conduire une engin agricole à partir de 16 ans je crois. Même moi qui suis trop petite pour arriver jusqu'aux pédales! C'est dire si je serais un danger public, mais j'aurais droit! Et malgré les morts on n'interdit pas l'élevage, on n'interdit pas les tracteurs aux gamins de 15 ans...etc. Donc, en accidents, on a le choix. Et je ne cite pas les tronçonneuses, les broyeurs, les scies à bois, les moisonneuses, les faneuses... Mais jamais depuis que je suis sur terre, ça fait quand même un bon bout de temps,  je n'ai entendu parler d'un tracteur qui est tombé dans un terrier de blaireau! On ne doit pas lire les mêmes journaux!
En revanche, je n'ai pas compté le nombre de fois ou les chasseurs s'entretuent, ou abattent par mégarde un pauvre type qui faisait sa petite ballade au fond des bois. Et on n'a pas encore interdit la chasse!)

    Mr ATHANASE, de l'ASPAS (association de Protection des Animaux Sauvages)
"Tuer, oui, si nécessité fait loi. Mais tuer en prenant son pied, juste pour empailler les animaux et jouir d'exhiber leurs trophées...franchement c'est d'une autre époque! Et prétendre que ces pratiques de chasse sont intouchables parce qu'elle relèveraient de la culture rurale, on croit rêver. Les équipages de "vénerie sous terre" n'ont rien d'associations cuturelles! Ils portent atteinte à la biodiversité que nous avons tant besoin de préserver dans tous les domaines"

(Ne confondons pas "tradition et "archaïsme". Merci Monsieur.)

     Mr RAYMOND, ancien député européen CPNT
" La biodiversité n'est pas menacée. En bourgogne nous avons mené une étude de 1996 à 1999, dont nous avons pris la précaution de faire valider le mode opératoire par des universiataire, avec 2666 chasseurs et 2666 bénévoles. Et vous les écologistes, combien de divisions sur le terrain? Nous avons dressé une cartographie de tous les terriers de l'ensemble de la Bourgogne: 28000blaireux, probablement supérieur aujourd"hui. Alors qu'on en prélève 10% par le déterrage."

(Outre un langage digne du plus obtus des militaires qui ne remonte pas le niveau des arguments, quel intérêt peut trouver un chasseur à dresser un inventaire du nombre des terriers de blaireaux? Deux raisons: savoir où ils sont pour organiser un "Championnat de France de déterrage de blaireaux", ou savoir où ils sont afin de les protéger. Je pense pouvoir éliminer la deuxième raison au profit de la première. Et c'est sans doute pourquoi cette manifestation s'est organisée à Cluny, précisément en Bourgogne.)

     Mr DAILLANT, président des chasseurs
"C'est vrai que le déterrage n'occasionne pas d'importants prélèvements. il faut souligner que c'est aux chasseurs qu'on doit l'arrêt du gazage à la chloropicrine, et la reprise du déterrage, seule méthode sélective et respectueuse de la nature"

(On peut se demander qui a eu l'idée d'utiliser ce gaz mortel pour tuer les blaireaux au terrier, sinon les chasseurs eux mêmes? Je pense qu'ils se sont rendus compte que c'était assez frustrant, (le blaireau ne sortant jamais de son terrier mais s'enfonçant de plus en plus jusqu'à ce que mort s'en suive par asphyxie), de ne pas pouvoir exhiber un trophée démontrant que c'était leur clébard le meilleur. Ils en sont revenus à cette bonne vieille méthode, ont ressorti pelles et pioches du placard pour leur plus grande joie. Donc, je ne leur donne aucun satisfecit d'avoir supprimé la chloropicrine. Quant au respect de la nature, tu parles!)

     Mr ATHANASE, ASPAS
"La question n'est pas là. Vous ne savez gérer qu'en tuant, pendant que nous essayons de faire reconsidérer la place de l'animal sauvage dans les sociétés humaines. Ne pouvez vous envisager d'avoir un autre rapport avec le monde animal? Cela fait 30 ans que je recherche le dialogue avec les chasseurs, et j'en suis revenu. Toutes vos actions, même les études sur les espèces, même les opérations de protection de l'environnement, n'ont pour finalité que de légitimer la tuerie de la faune sauvage. Et c'est nous que vous qualifiez "d'éco-terroriste!". A chaque fois que nous essayons d'aller au fond des choses, vous vous dérobez par des invectives de ce genre qui rendent le dialogue impossible"

(Tout cela est plein de bon sens. Il faut vivre avec la nature, pas contre! que ce soit les animaux sauvages, les tempêtes, les rivières qui débordent... On fait partie de la nature, et on n'a pas le droit de vie et de mort sur toutes les autres espèces vivantes, animales, végétales ou minérales. Il faut nous adapter, et éviter de faire des conneries à tort et à travers, ça serait déjà ça de gagné)

     Mr RAYMOND, CPNT
"Je comprends et j'admets que vous n'ayez pas la même philosophie que nous. Mais comment voulez vous que nous nous mettions autour d'une table pour discuter quand il est clair que vous voulez notre disparition? Ce n'est pas de parler du blaireau qui vous intéresse, c'est parvenir à en faire interdire la chasse, y compris au mépris des réalités sanitaires et de la vérité sur cette espèce, y compris en dénigrant les chasseurs aux yeux de l'opinion. Je sais que vous n'êtes pas un "éco-terroriste", mais votre silence à leur égard vous rend suspect d'être plus ou moins solidaires avec eux. J'attends que vous condamniez les éco-terroristes qui s'en prennent physiquement aux chasseurs, à leurs biens et à leurs chiens, une curieuse façon de défendre la cause animale. Et si vous nous poussez dans nos retranchements, nous n'hésiterons pas à utilisr le seul moyen qui nous reste: nous nous présenterons à nouveau devant les électeurs"

(Alors, là! on atteint au sublime, du grand art et une hypocrisie à payer des impôts.  Vouloir la disparition des chasseurs, pourquoi pas. Je précise que c'est "mon" opinion, et qu'elle n'engage que moi. Le refrain sur les gentils chienchiens n'est pas mal non plus, surtout quand on voit comment sont traités les chiens de chasse: attachés ou parqués dans un enclos, vous parlez d'une vie, même pour un chien. Si vous voulez voir des chiens de chasse qui puent à 50 mètres, sales à faire peur, pataugent dans l'urine à 20 dans le même enclos, allez donc à Cheverny, c'est un très bon exemple de ce qu'on peut faire de plus moche avec des chiens de chasse.
Quant à discréditer les chasseurs, ils arrivent très bien à se discréditer eux-mêmes, ils n'ont besoin de personne. Quand ils font une battue, ils se comportent comme des sauvages, ferment les routes et les chemins avec des panneaux avertissant que ces messieurs chassent et que si vous avez envie d'aller vous promener dans les bois, vous pouvez aller vous faire voir ailleurs, c'est leur territoire. Ils ne respectent pas les distances autour des maisons, sous prétexte qu'ils leur tournent le dos! Pendant les battues, on se croirait à Sarajevo ou à Beyrouth, ça crie (pour rester polie!), les chiens courent partout, aussi bien dans votre jardin que devant votre maison, traversent vos buissons, aboient comme des malades et viennent arroser vos portes et vos pots de fleurs en passant. Et si par malheur, un lièvre ou un lapin entre dans votre jardin, ils seraient capables de tirer n'importe où, même à 10m de votre porte pour avoir leur proie. C'est arrivé à mon mari qui taillait un arbre dans le jardin et qui a senti les plombs siffler au dessus de sa tête sous prétexte qu'un lièvre était entré dans le jardin. Alors, discréditer les chasseurs, pas besoin de nous pour ça, ils font  ça trè bien tout seuls!
Quant à vous présenter aux élections, ne vous gênez pas cher Monsieur, il me semble que vous l'avez déjà fait et que ça s'est assez mal fini pour vous, dans un assez sombre cafouillage. Alors si vous voulez recommencer, libre à vous! Mais vous ne viendrez pas vous plaindre si vous prenez une monumentale déculottée. )

     Voilà, j'ai fait ce résumé le plus complet possible pour vous qui n'avez pas la "Renaissance", afin que vous sachiez exactement ce qu'est le déterrage de blaireaux et son "utilité". Denis Cheissoux en a fait la une de son édito de samedi 17 sur France Inter dans "CO2 Mon Amour", à la demande du CDPN, et il était très bien. Ceci pour faire connaître ce "loisir". J'ai rencontré des gens pas plus tard qu'hier qui m'ont dit avoir entendu cette émission, et avoir eu honte qu'elle se déroule chez eux. Ils n'en n'étaient pas vraiment fiers. 
     
     Ce texte est un résumé de l'article de J.P Laveder, directeur du journal du 23 MAI. Pour ceux qui sont intéressés, vous trouverez des renseignements sur le blaireau dans un précédent article paru dans ce blog.

     Bon week-end...sans chasse!






Mr DAILLANT

    

Par monique de lavesvres
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Mercredi 21 mai 2008 3 21 /05 /Mai /2008 21:20

      Comme certains d'entre vous le savent déjà, j'ai accompagné des touristes pendant de nombreuses années, non pas  aux quatre coins de la planète vue qu'elle est ronde, mais un peu partout sur notre bonne vieille terre. Cela m'a permis de rencontrer un échatillon de populations diverses et variées, toutes plus surprenantes, originales, drôles, casse-pieds, malades, mal élevées, adorables ou franchement déplaisantes au point d'avoir envie de les passer par la portière ou de les oublier dans un hotel du fin fond des Abbruzes ou de la Capadoce. Bref, de tout, du pire au meilleur.

     Certains ont de drôles de manies ou des habitudes curieuses. Celui dont je vais vous parler fut l'un des plus surprenant.

     Nous partions pour un tour de Sicile et de Sardaigne, environ 13 jours. Départ de France en bus jusqu'à Naples, embarquement sur le bateau. Ah!.. Quitter Naples le soir, quand toute la baie s'illumine, que le soleil se couche sur la mer, c'est un enchantement. Arrivée au point du jour dans la "Conca d'Oro", la baie de Palerme, qui doit son nom aux cultures d'orangers. Tour de l'ïle, puis de nouveau le bateau de Palerme à Cagliari, tour de la Sardaigne, re-bateau jusqu'à Livourne. Moi qui me sens chez moi sur un bateau, je me régalais par avance: la Sicile et la Sardaigne sont deux îles magnifiques et je voyais déjà Taormina, les plages, le chateau des Normands, les églises, les villages, hantés par l'ombre du "Guépard".... Si on veut voir de beaux vestiges grecs, ce n'est pas en Grèce qu'il faut aller, mais en Sicile. Les petites criques sardes avec leur sable blond, les rues de Cagliari...... J'y étais déjà....

     Notre première halte était à Pise. Un hotel charmant composé d'un immeuble principal avec réception, salle à manger, salon de télévision, bar... Bref, le bagne. Nous logions dans des bungalows, et s'il n'avait pas plus des cordes, nous aurions vu la piscine à deux pas. De grands arbres, et nos fenêtres qui s'ouvraient sur des allées de lauriers roses. Un cadre tout à fait charmant, n'était le mois d'Avril pourri qui gâchait un peu la promenade ce soir là. 
  
     A l'arrivée, comme d'habitude, je récupère les clés, distribue les chambres, et donne rendez vous à 20h pour le dîner. Comme d'habitude toujours , j'attends 5 minutes dans le hall pour savoir si tout allait bien. Je n'ai pas attendu longtemps avant de voir foncer sur moi un de mes passager rouge de colère.
- Madame, ma chambre est glaciale... Il y fait à peine 15°! C'est un scandale.
- Effectivement, c'est assez peu, et je vais demander à la réception qu'ils envoient quelqu'un dans votre chambre pendant le dîner pour voir ce qu'il y a. Si par hasard c'était une panne, on vous changerait de chambre.
     Puis d'un coup une idée me frappa:
- Comment savez vous qu'il fait "à peine 15°"? 
- Madame..... Je ne pars jamais sans mon thermomètre!

      J'en restais sans voix! C'était bien la dernière chose qui me viendrait à l'idée d'emmener en vacances. Un livre, oui, la radio, oui, un cor de chasse, à la grande rigueur, (si, si... J'avais eu le cas, un jeune homme qui sonna du cor au fin fond des montagnes autrichiennes!) mais un thermomètre!

     Tout se termina bien côté chauffage. Une femme de chambre vint rallumer le radiateur qu'elle avait éteint pour faire le ménage. Ce brave homme put dormir dans une chambre à 20° comme tout le monde.

     Mais je n'étais pas au bout de mes surprises. C'était un original, passionné d'histoire, et qui était attiré par les cimetières comme une mouche par un pot de confiture. Il fonçait dessus dès qu'il apercevait le moindre mur, la plus modeste grille qui annonçait un éventuel cimetière. Les autres trouvaient ça curieux, et commençaient à se demander s'ils allaient  passer de cimetière en cimetière sur les deux ïles. J'imaginais leur retour:

- Alors, c'était beau la Sicile et la Sardaigne?
-Ah.... C'était superbe. Le cimetière de Siracuse est une merveille, mais celui de Sassari n'est pas génial.


    Cela risquait de faire une drôle de publicité à notre agence. Je dus négocier avec notre "tombophile". Je n'étais pas opposée à son goût pour les nécropoles, mais nous nous arrêterions près des cimetières à condition qu'il y ait...un bistrot à proximité! Et pas plus d'un par jour. Nous avons ainsi fait le tour de Sicile et de Sardaigne, en visant les bistrots près des cimetières. Il relevait les dates, les âges, les lieux, ville ou campagne... Tout cela lui permettait de se faire une idée de la vie dans le village ou la ville qu'on visitait. En fait, cet original était très intéressant, plein d'humour, noir évidemment, et de fantaisie. C'était un curieux personnage.

     Pendant tout le voyage, tandis qu'il scrutait les tombes et prenait ses notes, le reste du groupe se gavait de "gelati" et fonctionnait au Marsala. Les visites des cimetières étaient devenus un gag, et si par hasard il en ratait un, tout le monde le mettait en boite. Et il prenait ça très bien car il avait la répartie facile. L'ambiance fut vraiment particulière dans ce voyage, mais très sympathique. Je m'attendais à des problèmes, il n'y en eut pas un seul. C'était un conteur né, il suffisait de parler histoire pour que tout le monde écoute car il connaissait son sujet à fond.
    
     Si vous cherchez un voyage à faire, je vous conseille ces deux îles. De monuments baroques en cathédrales, en passant par des paysages éblouissants, une mer turquoise, des gens accueillants, de petits restaurants sous des tonnelles, les vestiges grecs et romains, la villa Casale et ses mosaïques, ces deux terres sont d'une richesse extraordinaire. Si vous aimez l'art, vous ne vous ennuierez pas une minute.

    Et s'il fait beau, montez au Théâtre de Taormina. Il faut y aller le soir pour profiter du paysage. Taormina est au bord d'une falaise, et les restes du théatre antique sur le haut de la ville. Dans une brèche de la scène qui semble avoir été faite exprès, le coucher du soleil est sublime sur la baie de Naxos. A la nuit est tombée, on voit au loin les lueurs rougeoyantes de l'Etna  et les lumières scintillantes de Catane. C'est une vue qu'on n'oublie pas. Partir, c'est plus qu'un déplacement, c'est voir, être curieux, essayer de conprendre, se tricoter des souvenirs pour cent ans. On ne revient jamais d'un voyage comme on est partis. C'est une parenthèse dans la vie quotidienne qui donne à chaque jour une autre dimension. 


      Faites de beaux rêves, et de superbes voyages.
      Et comme on dit dans le tourisme:
"Les voyages forment la jeunesse,  enchantent la vieillesse..... et déforment les valises!".
       Mais qu'importent les valises....

Par monique de lavesvres - Publié dans : voyages
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Mardi 20 mai 2008 2 20 /05 /Mai /2008 14:27

     J'ai entendu ce matin aux infos que Barcelone manque d'eau. Un bateau est en partance pour la capitale catalane, et il en sera ainsi pendant un an je crois, à raison d'une livraison par mois. Jusqu'à ce que l'usine de désalinisation de l'eau de mer que construit la ville soit en fonction, en 2009.

     On va pomper l'eau dans la région de Marseille et la livrer par bateau. C'est très bien quand c'est ponctuel, exceptionnel. Mais si cela doit durer plusieurs mois et que cet été soit sec, les habitants de la région Sud-Est ne vont ils pas en pâtir? Déjà l'an derneir dans la région de la Drôme, il y a eu des restrictions d'eau presque tout l'été. Si cela se reproduisait cette année, on se trouverait dans une situattion abracadabrante de livrer de l'eau à Barcelone et de subir des restrictions chez nous!

     Passée le première surprise, je me suis demandé pourquoi il n'y avait plus d'eau dans cette ville. Je sais que la population a augmenté de plusieurs milliers d'habitants  en quelques années, des ruraux qui viennent s'installer en ville et gonfler les quartiers les plus pauvres. C'est une raison. Mais je me suis dit que ce ne pouvait être la seule. J'ai pris une carte de géographie afin de voir d'ou venait l'eau qui arrive jusqu'à la ville. Elle est en bord de mer, mais elle est proche des Pyrénées, réservoir d'eau naturel. Torrents, ruisseaux, rivières descendent de la montagne vers la plaine de l'Ebre qui arrose tout le nord du pays, depuis l 'Espagne cantabrique, région arrosée s'il en fut par les pluies atlantiques. La fonte des neiges des Pyrénées alimentant tout le bassin de l'Ebre.

     Celui ci est bordé au sud par la Chaîne Ibérique, elle aussi véritable réservoir d'eau, avec des lacs d'altitude et des rivières qui coulent aussi en direction de la plaine de l'Ebre. Quand on traverse Sarragosse, situé au bord de cette rivière, on peut constater qu'il ne s'agit pas d'un petit ruisseau. D'autre part, pour avoir beaucoup fréquenté l'Espagne, je sais que les orages d'automne amènent des tonnes et des tonnes d'eau à la rivière et que les "rios" qui servent de garage à voitures l'été sont ransfomés en torrents furieux qui dévalent la montagne en ravageant tout sur leur passage par les pluies d'automne. Je me souviens avoir vu à Rosas, des voitures encastrées contre un pont, les unes sur les autres. 

     J'ai traversé plusieurs fois la région d'Avila, de Salamanque, et j'ai pu admirer les immenses champs de blé à perte de vue, et les vignobles de la Rioja. Est ce que ces cultures sont arrosées? Je ne m'en souviens pas. En Andalousie, je sais que tout est arrosé, ce qui donne aux paysages vus d'avion, une allure curieuse, car les champs sont ronds! Les rampes d'arrosage sont disposées autour d'un puits central, et bien sûr, cela arrose un superbe cercle qui ressort en vert sur la terre brûlée des alentours. Je ne me rappelle pas avoir vu ces "ronds' de culture dans le nord de l'Espagne. J'en déduis qu'il y avait à cette époque, environ 15 ans suffisamment d'eau pour alimenter le bassin très peuplé et très cultivé de l'Ebre.

     Alors, comment se fait il que Barcelone manque d'eau? Ou passe-t-elle? Ou disparaît elle? J'avoue que je ne comprends pas.

     Les espagnols ont appris des arabes l'art de l'irrigation, des canaux qui apportent l'eau jusqu'au plus modeste village. Quand on se promène dans les jardins de Valence, on se rend compte qu'on passe sous des ponts, et que c'est le lit du fleuve asséché qu'on a transformé en jardins publics. On a détourné l'eau pour irriguer les immenses rizières, les jardins, les orangerais qui entourent la ville.

      Alors, je me suis demandé s'ils n'avaient pas poussé trop loin l'art de l'irrigation. Il me semble qu'on ne détourne pas impunément tout le cours d'un fleuve. Cela a t il changé le climat, modifié la pluviométrie? Si vous connaissez une réponse ou un début d'explication, j'aimerais vraiment que quelqu'un m'explique ce paradoxe.

      Je voudrais vous signaler une curieuse tradition valencienne, le "Tribunal de l'Eau" de la ville. Celui ci est un vestige des temps très anciens, et il perdure parce qu'il semblerait qu'on en a pas trouvé de meilleur.

     Chaque jeudi, sur le parvis de la Cathédrale, se rassemble le "Tribunal de l'Eau". Il juge les litiges qui divisent les agriculteurs. L'eau est répartie entre les exploitations par des canaux que l'on peut ouvrir et fermer selon les besoins de chacun. Telle surface correspond à tant d'heures d'arrosage. Si le voisin abuse, prend trop d'eau par rapport à la quantité à laquelle il a droit, celui qui est lésé fait appel au Tribunal de l'Eau" et vient sur le parvis de la Cathédrale exposer ses doléances. On écoute les deux parties, on délibère et on juge. La sentence est immédiate et sans appel. Elle est appliquée de suite, et l'amende ou les poursuites prennent effet au moment de leur prononciation. C'est le seul tribunal qui fonctionne ainsi depuis l'occupation arabe.

     Pourquoi sur le parvis de la Cathédrale? Les gouvernants de l'époque, ayant déjà une foi limitée dans la nature humaine, ont mis ce tribunal sous la pratection de l'Eglise, sensée garantir un jugement équitable. Il paraît que ça fonctionne très bien comme ça, qu'il y a finalement assez peu de problèmes, et que ceux ci se résolvent rapidement par cette justice expéditive et ancestrale.

       Belle journée à vous qui m'avez lue.

Par monique de lavesvres
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Lundi 19 mai 2008 1 19 /05 /Mai /2008 22:16

     La semaine dernière fut très chargée, mais elle s'est terminée en beauté.

     Les "Nuits Musicales de Trivy" ont repris. C'est un village tout petit, entre Cluny et Charolles. Si vous n'habitez pas la région vous ne connaissez peut être pas. Tous les ans, dès le mois de Mai, dans l'église de Trivy, Mr Léchère, pharmacien à Macon, et passionné de Jazz, organise des concerts, sous le regard bienveillant de la Vierge Marie, et du Christ en Croix qui orne le choeur. Le décor est rudimentaire, pas de paillettes pour faire avaler le manque de talent. Pour venir dans ce lieu sans aucun artifice, il vaut mieux être sûr de son talent car le public est majoritairement connaisseur et exigeant. Pour les spectateurs, 250 à 300 je crois, il vaut mieux apporter un bon coussin, car les bancs de bois manquent un peu de moelleux.

      Depuis l'an dernier, chaque fois que nous le pouvons, nous y assistons.

      Nous avons ainsi pu entendre "les Enfants de Django", orchestre de "jazz manouche" rasssemblé autour du neveu de Django Reinhardt, qui devait se produire à Vienne quelques semaines plus tard. La soirée fut explosive, sympathique, avec des guitaristes hors paires, dont les neveux de Tchavolo Schmidt, connu comme l'un des grands de cette musique. Talent, gentillesse, ce fut très plaisant et le public eut du mal à les laisser partir. On a même fêté l'anniversaire du chef, et cette fois, ce fut le public qui chanta. Pas une grande chorale très au point, quelques fausses notes, mais beaucoup d'enthousiasme et de sincérité.

     Ensuite, Jean Jacques Milteau, harmoniciste exceptionnel, admirateur d'Albert Raisner dont le frère était présent, (il habite la région) accompagné de deux chanteurs noirs américains aux voix de basse magnifiques. Nous avons eu droit à tous les classiques du jazz américain, de la musique country exécutée avec un brio extraordinaire. Il y avait tout, le rythme, le talent, l'originalité, l'humour, l'humanité, un concert inoubliable.

      Ensuite Fabrice Eulry et son piano. Cet homme est un fou de boogie-woogie, une folie amusante, délirante, réconfortante. Une dextérité au piano, une énergie à vous fatiguer rien qu'à la voir. Il revient cette année puisqu'il habite le village voisin, et si vous aimez les musiques décoiffantes, les morceaux classsiques revisités en boogie débridé, retenez vos places, il n'y en aura pas pour tout le monde. Il a une interprétation "Des copains d'abord" complètment loufoque mais géniale. A voir absolument. L'an dernier il a rempli Bobino à Paris et gagné de faire 24H de piano non stop. Cet homme est fou, mais quel régal!

     Vendredi dernier, c'était Biréli Lagrène, "jazz manouche" également. Il était accompangé d'un saxophoniste Franck Wolf, qui du haut de ses presque deux mètres tire de son saxo absolument tous les rythmes, toutes les musiques, des classiques du jazz noir américain à "Nuages" en passant par la musique française revisitée. Le bassiste, Diego Imbert, lui au contraire est bien plus petit que sa contrebasse, mais son talent est inversement proportionnel à sa taille. Sans oublier Nick Winterstein à la guitare d'accompagnement. L'ensemble formait avec Bireli un orchestre parfaitment rôdé. En deuxième partie de soirée, Sarah Lazarus, chanteuse américaine originaire du Delaware nourrie à la musique française est venue apporter sa contribution. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'elle "déménage", mais je n'ai pas beaucoup aimé sa voix. Pas assez "musicale" à mon goût, un peu trop "criarde". Cependant, elle a chanté des airs plus mélancoliques, et là sa voix un peu basse était très agréable et plus romantique. Il faut dire que je n'aime pas le "skat", ces onomatopées accordées à la musique,  qui la soulignent , la renforcent et dont l'une des plus grandes interprètes fut  Ella Fitzgerald. 

     Une autre très belle soirée. La prochaine accueillera christian Morin, le clarinettiste.

      Et si on pouvait entendre plus souvent à la radio des voix et des musiciens de cette qualité, de cette classe, on subirait moins ces "murmureurs de romances", à la voix si faible, si ténue qu'on peine à comprendre les paroles. Quand on les comprend! ILs sont si fragiles, qu'on pousse un soupir de soulagement à la fin de lachanson parce qu'ils ne sont pas morts en cours de route, ou ne se sont pas écroulés pour cause de crise cardiaque. En plus, les basses étouffent tout autre instrument de musique quel qu'il soit. On ne sent que ces basses qui font trembler les parquets, vous font vibrer dans vos chaussures. La chanson est noyée là dessous, et c'est certainement dommage.

     Voilà la vie dans nos cambrousses, au fond de nos provinces, au creux de nos collines. 

      Que la vôtre soit agréable.

Par monique de lavesvres - Publié dans : voyages
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