2009 03 11, Cochonnailles
Dans le
numéro de la « Renaissance » (13, rue des deux ponts, 71000 Paray le Monial) du 6 Mars 2009, on trouve un article de Mr Pascal Carrion, président de la section porcine de la FDSEA,
qui « entend rétablir la vérité sur l’élevage porcin en Saône et Loire, et en appelle à la raison ».
Cet
article est tellement plein de bons sentiments, d’altruisme, de sainte compréhension ! que pour répondre à Saint Carrion, je ne pouvais pas moins faire que de remplacer l’encre de mon
imprimante par de l’eau bénite !
Cet
article fait suite à un autre, ou des agriculteurs buxinois, appelaient ni plus ni moins à la « suppression des associations de protection de la nature… ». Celles-ci risquaient d’affamer
la planète avec leurs idées écologistes ! Et puis les saintes prescriptions de Mr Carrion seront sûrement entendues par les paysans locaux, qui nous ont lancé, lors d’une réunion, cette
phrase pleine de gentillesse…. de compréhension… d’aménité: « Les écolos, on en voit partout ! Y en a plein le cul !.... ». Je ne saurais changer une lettre à ce cri du
coeur qui reflète si bien la « sérénité», la « cohérence », le « respect mutuel », le « dialogue »…etc… Toutes vertus qui figurent, comme vous pourrez le
constater, dans le texte du journal que je cite intégralement.
J’aimerais rappeler à tous les agriculteurs qui critiquent les associations pour la défense de l’environnement, qu’ils ont peut être la mémoire courte. N’ont-ils pas participé à certaines
d’entre elles quand il a été question d’une carrière sur la commune de Viry ? Il me semble que certains agriculteurs ont été partie prenante contre les nuisances crées par le passage des
camions. Alors ces maudites associations ne seraient elles les bienvenues que quand elles défendent les agriculteurs ? Ou est ce que je me trompe ?
Ce
qui est entre guillemets est l’article du journal, sans y modifier une virgule. Je mets entre parenthèses ce qui est mon opinion personnelle. Je cite :
« ELEVAGES PORCINS : UN TSUNAMI ? LA FDSEA APPELLE LES DETRACTEURS DES
ELEVEURS DE PORCS A LA RAISON.
« Sans cesse confrontés à des affirmations inexactes de la part de ceux qui dénoncent
un soit disant « encochonnement » du département, Mr Pascal Carrion, président de la section porcine de la FDSEA, entend rétablir la vérité sur l’élevage porcin en Saône et Loire et
en appelle à la raison.
« Voilà plusieurs mois que, au nom de l’opposition à des projets de modernisation ou
de développement de leur élevage, plusieurs familles d’éleveurs de porcs ont régulièrement fait l’objet d’attaques par voie de
presse.
(Une attaque avec un journal, on s’en remet même si ça fait mal. Rien à voir avec les
attaques qui ont mené un jeune agriculteur qui voulait reprendre des terres dans le Massif Central, pour les passer en bio et produire des fromages de chèvres, à fuir l’endroit où il voulait
s’installer après que son troupeau de chèvres ait été saisi d’une folie suicidaire qui les a fait s’égorger les unes les autres jusqu’à la dernière ! Car c’est bien la seule explication,
(raisonnable ?) qu’on puisse donner pour expliquer l’égorgement de tout un troupeau…. On ne saurait imaginer qu’il pourrait s’agir de jalousie.)
« Ces attaques injustifiées ( ?), engendrent des suspicions. Il serait bon de
revenir à plus de sérénité et de cohérence. (Chiche !). Et parce que le dialogue ne peut se faire que dans le respect mutuel, les éleveurs de porcs, comme ils l’ont toujours fait, (Ah
bon ?) refusent d’entrer dans le jeu des attaques, des insinuations (quelle horrible chose, l’insinuation !). Ils entendent s’en tenir aux faits et aux seuls faits.
« Président de la section porcine de la FDSEA, Pascal Carrion, tient en premier lieu à
apporter le plein et entier soutien de la profession aux familles concernées. (Moi aussi. Je trouve indigne qu’on s’attaque aux gens. Mais il faut s’entendre sur le mot. La critique est elle
une attaque ?)
ANCRES DA NS LEUR TERRITOIRE
« Ces professionnels, dit il, ne sont en rien des pollueurs assoiffés de gains
financiers prêts à tout pour s’enrichir…y compris à s’asseoir sur le respect de l’environnement dans lequel ils vivent au quotidien et donc sur le respect de leurs propres voisins et de leur
propre famille.
(Quand on se promène dans nos vertes campagnes un jour où l’on a répandu le lisier, chacun
peut constater s’il n’a pas le nez bouché, que l’air est sain, vif, et que s’emplir les poumons est une partie de plaisir)
« Bien au contraire, ce sont des responsables d’entreprises ancrés dans leur
territoire, attachés à son développement harmonieux et soucieux d’y maintenir l’emploi.
(Quand les agriculteurs étaient encore des « paysans » (quel beau nom que celui
là ! « entrepreneur » pour un paysan, c’est l’équivalent de la « technicienne de surface » pour la femme de ménage ou de « l’hôtesse de caisse » pour la
caissière de grand magasin. Un pansement que l’on met pour cacher une blessure ou une réalité que l’on n’aime pas)
« En moyenne, un éleveur de porcs, ce n’est ni plus ni moins que 5 à 6 emplois directs
ou indirects. En cette période de difficultés économiques et alors que l’emploi découlant directement ou indirectement des activités agricoles représente la bagatelle de 17% de l’emploi en
Saône et Loire, le maintien et le développement des élevages devrait légitimement s’imposer comme une priorité.
(Voilà, c’est lâché ! Les écolos ne sont que des inconscients qui veulent réduire
toute une région, que dis-je ! un pays au chômage. Quant au 17%, c’est un chiffre dont j’aimerais bien connaître l’origine et le genre d’emplois dont il est question. Je constate, comme
tout le monde, que la majorité des épouses d’agriculteurs travaillent à l’extérieur. Ce qui n’était pas le cas chez leurs parents. Les parents des
« agriculteurs » actuels étaient bien plus nombreux à travailler la terre que maintenant. Les « paysans » de cette époque ne connaissaient pas la mécanisation, il fallait
donc beaucoup plus de bras. Alors si on veut parler du chômage, on pourrait dire que les agriculteurs ont eux même supprimé les emplois à coup de tracteurs, mois-batt’ et autres
broyeurs)
« Bien évidemment, on ne peut pas faire n’importe quoi au nom de la sauvegarde de
l’emploi. (Si c’est vous qui le dites ! Pour une fois, nous sommes d’accord). Et Daniel Carrion est bien d’accord (Tant mieux !). Personne chez les éleveurs de porcs du département n’
jamais fait n’importe quoi, ni demandé de pouvoir faire n’importe quoi. (Encore heureux ! Quoique…. )
AH, L’ENCOCHONNEMENT !!!!
« L’encochonnement… Cette belle expression employée par les détracteurs des éleveurs,
donne le sentiment à la population que le département va bientôt être submergé par une immense vague de porcs (de porcs, non, mais un tsunami de lisier, si ça continue, il y a des
chances !) C’est tout le contraire, rectifie Pascal Carrion. La production porcine est en perte de vitesse dans le département. Il est bon de se rappeler que la S et L, était il y a de
cela 50 ans, parmi les trois plus importants départements en matière porcine. »
(Alors là, cette parole bénie tombant du ciel apporte de l’eau au moulin des écolos et
autres « agri-bios » ! Comme ça vous reconnaissez qu’il n’y a pas besoin d’énormes goulags à bestiaux pour produire des porcs ! Puisque quand ils n’existaient pas, on était
dans le peloton de tête des départements producteurs. La S et L, sans « cochonneries » industrielles, avait un rang plus élevé que maintenant. Ca, vous faites bien de le dire !
Et cela devrait vous faire réfléchir ! Non ? C’est bien dommage. Vous avez déjà raté la production de porcs fermiers de plein air il y a 20 ans, que tout le monde recherche quel que
soit le prix. Et celui là, on va le chercher en Auvergne, pas en Charolais)
« Aujourd’hui, elle compte près d’une centaine de producteurs, dont seulement une
vingtaine dépendent du règlement sur les installations classées,(20 installations classées à 450 bestioles, ça va quand même chercher dans les 9000
têtes de bétail, sans compter les non classées) dont le seuil pour les demandes d’autorisation est fixé à 450 équivalents porcs charcutiers.
(450 « équivalents porcs charcutiers », ça veut dire quoi ? Combien de
« têtes » cela fait-il ? Et je précise « exactement », car avec les équivalents on ne sait pas où on met les pieds. Est-ce qu’on compte les mères comme
« équivalents porcs charcutiers » ou non, puisqu’elles ne sont pas vendues théoriquement pour finir en pâté croûte? Est-ce qu’on compte les déjections totales, le lisier de tout le
monde, adultes et cochonnets ? Parce que mère ou petit, charcutier ou pas, ça mange, ça urine, ça défèque et il faut bien en tenir compte. Parce que si je compte bien, une truie pouvant
avoir 8 ou 10 petits puisqu’elle a douze mamelles si ma mémoire est bonne et qu’il doit bien y avoir des pertes, cela fait 450 mères ayant chacune 10 petits, ça va nous chercher aux environs de
4500 petits, plus 450 mères par élevage et par portée. Combien de portées par an ? Il est très possible que mon compte soit erroné, parce que avec les « équivalents », on ne sait
pas sur quoi se baser quand on n’est pas rompue à la comptabilité cochonnière. Si je me suis plantée, expliquez moi donc, comment vous comptez, ça rendra service à tout le monde et ça éclairera
des lanternes qui ne demandent qu’à être allumées)
« En 10 ans, la filière départementale a perdu la moitié de ses producteurs, et ce ne
sont plus aujourd’hui que 80 000 porcs charcutiers qui sont annuellement produits en S et L. (Comme m’a dit un jour un conseiller général très local « il faut bien que nous ayons des
porcs pour produire du jambon persillé !») Dans le même temps, le nombre de truies reproductrices a lui aussi chuté, passant de 5000 à un chiffre compris entre 4000 et 4500.
(Pourquoi tant d’abandons ? Est-ce que ce n’est pas une activité rentable ? Je me
souviens des manifestations en Bretagne entre autre, contre la chute des prix constante, tirés vers le bas par les grands distributeurs et maintenant, par les magasins discount. Les tracteurs
dans les rues, les tas de fumier devant les préfectures, les banderoles et les feux de pneus ! C’est vrai que du porc découpé, en barquettes à 1,5€le kg, vous ne devez pas vous faire bezef
à la production. Alors, pourquoi vous entêter et continuer à produire autant de porcs s’ils ne se vendent pas ? Pourquoi ne pas viser la qualité ? Elle se vend, la qualité ! Et ça fait des emplois)
« On est très loin de « l’encochonnement » et de la
« bretanisation » dont ne cessent de parler certaines associations (allons, cher monsieur, un peu de courage ! Quelles associations ? Des noms !…des noms !…
Qu’elles aient au moins la possibilité de se défendre) et qui laisseraient présager que le production progresse rapidement et gagnerait à terme les coins les plus perdus et les plus isolés du
département. Mais cette terminologie qui séduit continue d’être agitée à tour de bras par quelques personnes (Qui ?) pourtant conscientes de ces chiffres et de la réalité. (Quelle réalité,
la vôtre avec votre paradis cochonnier, ou la mienne avec ma détestation pour les effluents parfumés qui s’installent un peu partout ?) La Bretagne, c’est entre 300 à 450 porcs au
km/carré,( et c’est devenu invivable. Allez donc y faire une balade en vélo) contre un peu moins de 12 dans notre département. Des chiffres qui conduisent la S et L, au regard de sa
population, à ne plus être autosuffisante qu’à hauteur seulement de 10% de sa consommation. Dans ce contexte et au regard de ces données, peut on
décemment agiter le drapeau ? (bien sûr ! Chers amis écolos, agitons, agitons !) On en doute raisonnablement.
(Parlons de la Bretagne : des côtes envahies par les algues vertes dues aux nitrates,
des coquillages immangeables, des porcheries qui ont complètement pourri les rivières, ravagé les sols, et amené des pénuries en eau potable. Sans parler de la dépollution de l’eau, et ce n’est
pas rien sur la facture, payée par les consommateurs. Si c’est ça que vous voulez pour notre département, je crains qu’on ne vous laisse pas faire et que la majorité des gens n’ait pas envie
d’un tel programme. La Terre appartient non seulement à ceux qui en vivent par leur travail, mais aussi à ceux qui y habitent, ruraux ou non. C’est un concept pas encore intégré par nombre de
paysans. Pardon, les paysans le savaient ! Les agriculteurs, je n’en suis pas sûre !. Nous avons une image « touristiquement » bonne. Vous irez ensuite vendre le pays
charolais, patrie de la viande de première qualité en slalomant au milieu de prés tartinés au lisier de cochon, dans une odeur pestilentielle. Bon courage pour ouvrir des chambres d’hôtes.
Quant à la production de porcs déficitaire par rapport à la consommation, je n’ai pas encore vu de pénurie de côtelettes).
TRANSPARENTS
« Pascal Carrion reconnaît pourtant que les crises ont conduit les éleveurs à se
spécialiser (un bon paysan ne met jamais tous ses oeufs dans le même panier ! Si le panier casse, tout est foutu), ce qui va de pair avec des investissements de plus en plus lourds, des
installations de plus en plus importantes. Mais dit il, les éleveurs ont toujours joué la carte de la transparence en ouvrant si besoin était leurs portes.
(J’ai vu sur Arte une émission sur les porcheries, entièrement tournée en Europe. Pas un
seul éleveur de porcs français ayant accepté de laisser pénétrer les caméras de TV dans ses porcheries ! Monsieur Carrion aurait du poser sa candidature, il y aurait au moins eu une
exploitation française pour montrer comment on coupe à vif, la queue des porcelets, comment on leur lime les dents et comme on les castre ! Car les porcs sont des animaux fouisseurs, qui
passent leur temps le nez collé dans la vase. Comme c’est impossible dans une porcherie moderne, au lieu d’adapter les élevages au porc en lui laissant assez de la place pour fouiner, on a
adapté le porc aux porcheries en le privant de ses dents. Quand viendront les lois européennes sur l’écoconditionnalité, tous ces élevages seront hors normes, et dans moins de cinq ans !
D’ailleurs la photo qui illustre l’article montre bien le nombre d’animaux aux m2. C’est pas glorieux !)
« Ainsi il est intéressant de constater que c’est là où il y a peu d’élevages porcins
que l’opposition est la plus vive. Ailleurs ceux qui vivent à proximité d’un élevage savent que ce n’est nullement insupportable.
(Et ben si, C’EST INSUPPORTABLE ! Ou alors il faut avoir perdu l’odorat. Et tous ceux
qui n’en n’ont pas à portée de nez ne tiennent pas à faire l’expérience)
« Et pour cause, les ateliers sont aujourd’hui soumis à des réglementations
particulièrement strictes, pour ne pas dire draconiennes, tant en ce qui concerne leur implantation que pour la gestion et l’épandage des lisiers : des études géopédologiques pointues
sont, par exemple, conduites à cette occasion. Et puis, il faut rappeler que cette fertilisation se substitue pour le coup à une fertilisation chimique un peu moins écologique. Le lisier est un
amendement à haute valeur agronomique, quoi qu’en pensent ceux là même qui demandent à l’agriculture de gérer leurs problèmes de boues urbaines. (les citadins ? alors nommez les que
diable !)
(Je ne parlerai pas de la réglementation, je ne suis pas assez compétente dans ce domaine,
mais je sais que ça marche parfois à coups de dérogations et autres arrangements. Parlons en de l’épandage ! Il est inadmissible qu’un élevage ne traite pas ses propres effluents et aille
les déverser chez les voisins, voire dans le village d’à côté parce qu’il ne sait pas où mettre ses tonnes de lisiers. Le lisier est un engrais gavé de métaux lourds, nitrates, antibiotiques et
diverses substances mal identifiées. Dans les élevages de porcs de plein air, les lisiers sont dilués sur la surface dévolue à l’élevage des porcs. Ce qui n’est pas le cas de la majorité des
élevages hors sol. Quant aux boues urbaines, ce ne devrait pas être à l’agriculture de s’en charger.)
LA FRANCE SOUS BULLE ?
« La section porcine de la FDSEA estime que l’opposition aux projets de porcherie
pose en fait une réelle question de société. (Tout à fait d’accord : ne devrait on pas changer de système d’élevage ?) Faut il mieux faire venir de la viande de porcs de Bretagne, et
du Brésil demain, sans se soucier de l’impact de ce comportement sur l’environnement ou acheter local avec des garanties de traçabilité, une alimentation à base de céréales locales, avec une certitude quant au respect de l’environnement ? Et une viande qui arrive de Bretagne, de Hollande, du Danemark ou d’Espagne présente à coup sûr
un bilan carbone nettement défavorable.
(C’est bien le problème, l’environnement n’y trouve pas son compte. Les gens ne veulent
plus vivre dans les alentours des porcheries, ils voient assez ce que cela cause comme nuisances. Quant à aller s’approvisionner ailleurs, pourquoi être systématiquement opposé à des élevages
en plein air qui eux créeraient des emplois ? Dans les années 50-60, celles où selon vous la S et L était dans le peloton de tête, les élevages de porcs étaient éparpillés sur une grande
surface, ils ne faisaient pratiquement pas de lisiers. Aller chercher de la viande ailleurs n’est pas inéluctable, il faut peut être seulement regarder les choses autrement : plus de
petits élevages mieux répartis, moins de porcheries concentrationnaires, plus de place, moins de maladies et d’antibiotiques. Quant aux céréales, il est certain que si les éleveurs les semaient
eux-mêmes il n’y aurait aucun frais de transport! Et les porcs étant omnivores, ils dégustent aussi bien les fanes de carottes que des restes de viande. Le temps n’est pas si loin ou les Arts
de Cluny vendaient aux paysans les restes des repas de l’école. Les porcs se régalaient, et la viande était excellente)
« Plus que jamais les consommateurs doivent être cohérents : leurs emplois
dépendent en grande partie de leur consommation.
(Tout à fait d’accord ! Mais tous les agriculteurs qui me disent acheter de la viande
en grand magasin parce qu’elle est moins chère que chez le boucher ne se rendent ils pas compte qu’ils scient la branche sur laquelle ils sont assis ?).
« Et pour maintenir une économie ancrée aux territoires, il est important que tout
développement économique, qu’il soit ou non agricole, se fasse harmonieusement.
« Comment ne pas admettre que toute activité humaine de quelque ordre qu’elle soit,
peut potentiellement amener des nuisances ou quelques contraintes ?
(Quelques contraintes, on veut bien, des nuisances supportables, à la rigueur. Mais vivre
avec des lisiers dans son environnement, ça reste quand même un très gros problème, ça pue à trois km. Et les agriculteurs accepteraient ils de planter des haies autour des élevages pour
absorber les ruissellements et diminuer l’impact sur l’environnement ? Parions que non ! Nuisances et contraintes, pour qu’elles soient acceptées ne doivent pas fonctionner à sens
unique. )
« Comment ne pas s’interroger sur le niveau excessif de certains mécanismes
protecteurs qui aboutissent à bloquer tout projet de développement économique ?
(Au contraire ! Les grandes exploitations ne sont pas créatrices, ou très peu,
d’emplois locaux. Une exploitation de 150ha, entièrement mécanisée, génère un emploi, celui du chef d’exploitation, là ou jadis il y en aurait eu au moins 7 ou 8. Et l’épouse est obligée de travailler en ville. Alors, où est le progrès ?)
« Faudrait il se mettre sous bulle et manger des produits importés, (ça
m’étonnerait ! On n’a pas encore vu qu’en Charolais on ne pouvait pas cultiver de quoi se nourrir) s’habiller de vêtements étrangers (ça c’est déjà fait !), le tout produit on ne sait
comment (si on sait ! par des gens payés au lance-pierres au Bengladesh ou en Inde. Un nouvel esclavage qui n’ose pas dire son nom, que nous cautionnons chaque fois que nous achetons une
paire de basket à 10€ en provenance d’Asie), avec des litres de pétrole pour apporter tout cela chez nous au milieu d’une campagne vierge de toute activité humaine. (Et les camions qui roulent
comme des fous pour livrer les aliments pour les élevages, ça n’en utilise pas du pétrole ?) Bien évidemment, non. Les éleveurs ne le veulent ni pour eux-mêmes, ni pour leurs détracteurs
inconscients qui seraient tôt ou tard condamnés à aller vivre ailleurs, là ou il y a du travail. »
Fin de l’article
Alors que d’inconscients ! Ils sont de plus en plus nombreux qui ne veulent plus de
légumes gavés d’engrais, de pesticides, d’herbicides et autres produits mortifères, de viande élevée aux antibiotiques, de pain enrichi au gluten…. Et je suis certaine, cher Monsieur que vous
le savez, mais que comme c’est contraire à ce que vous avez appris à l’école, à tout ce qu’on vous serine en boucle depuis des dizaines d’années, vous ne pouvez l’admettre. Les temps changent,
les humains ne se nourrissent plus de la même façon, on mange moins de viande de porc et de bœuf, de plus en plus de mouton ou de volailles. C’est la fin d’un cycle, et qu’on le veuille ou non,
on est en plein dedans. Il y eu l’industrialisation du XIXème siècle, l’économie internet, on va vers un nouveau type de consommation. Je ne saurais dire lequel exactement, je ne suis pas
expert, mais à regarder ce qui se passe partout dans le monde, on est obligés d’en prendre conscience.
Je suis allée voir « Nos enfants nous accuseront », le film (confidentiel mais
passionnant) de Jean Paul Jaud sur la ville de Barjac dans les Cévennes. Dans la salle, je n’ai vu aucun agriculteur. Pas un ne s’est déplacé, ne serait ce que par curiosité. Plusieurs chose
m’ont frappées : l’interview d’une épouse d’agriculteur à qui le médecin a interdit de toucher aux produits phytosanitaires, quels qu’ils soient à cause du risque de stérilité ! Cela
ne vous fait pas réfléchir ? Quant à son mari, chaque fois qu’il applique ses 27 traitements, minimum, sur ses arbres fruitiers, il saigne du nez pendant trois jours, malgré sa tenue de
cosmonaute. Le voisin, c’est autre chose : il n’urine plus pendant 8 jours. Sans compter les cas de cancer de la prostate qui sont largement
plus importants chez les agriculteurs que dans les autres populations. Trouvez vous cela vraiment normal ? Moi, non.
Voyez vous cher Monsieur, il y a au moins une chose sur laquelle nous nous
retrouvons : nous aimons cette région. Vous à votre façon, moi à la mienne. Et je crois qu’il nous faudra beaucoup de temps pour nous
comprendre parce que nous ne regardons pas les hommes, les événements, les choses, la terre par le même bout de la lorgnette. Pendant les années 50-60, il a fallu nourrir les populations, et
les paysans l’ont fait. Puis la machine s’est emballée, les produits phytosanitaires ont pullulé faisant les beaux jours de l’agrochimie, sur le dos des paysans.
Notre civilisation est en pleine crise, mais je crois qu’il reste un espoir d’en sortir.
C’est comme les banques actuellement : il n’est pas pensable de s’en priver, mais il faut les encadrer pour les ramener à leur vraie mission. L’agriculture, on ne peut s’en passer, mais il
faudrait aussi l’encadrer parce que je pense qu’elle aussi est allée bien trop loin. Il faut préserver le monde paysan, mais je ne crois pas que c’est en bâtissant des
« cochonneries » qu’on y arrivera.