2011 05 22, UN MONDE DE PLUS EN PLUS FOU!!!
Depuis quelques jours entre les aventures rocambolesques de Mr FMI (ex-FMI devrais-je dire), la sécheresse, et une ou deux
anedotes locales, on a l'impression que tout part n'importe comment, dans tous les sens.
Pour essayer de s'y retrouver dans ce fatras, commençons par un petit évènement qui s'est produit le week-end dernier dans le village
voisin, sympathique petite bourgade de 850 habitants.
La fille d'une de nos amies est revenue du lycée en annonçant à ses parents que le samedi suivant elle avait une soirée avec des
copains-copines. Ils se retrouveraient environ une quinzaine de jeunes entre 13 et 15 ans pour faire la fête au terrain de camping du village, avec barbecue, musique, danse...etc. Pour finr la
soirée, pas de soucis sur la route, tout le monde dormirait à la belle étoile, dans des duvets après la fête. La maman sentait bien que sa fille s'en réjouissait à l'avance et que sa fille ne
serait pas content de ce qu'elle allait entendre. Aussi la gamine tomba-t-elle de haut quand ses parents lui annoncèrent qu'à 13 ans, il n'était pas question qu'elle dorme à la belle étoiles avec
des copains-copines, qu'elle ne connaissait pas, dans un terrain de camping non gardé, situé à l'entrée du village et parfaitement désert. Avec le nombre de déséquilibrés qui courent les rues,
c'était refusé, catégoriquement, pas la peine d'y revenir. La jeune fille ne comprit évidemment pas les soucis de ses parents, vu qu'ils seraient tous ensemble, garçons et filles, qu'ils ne
craignaient rien.... Tous les arguments laissèrent les parents complètement froids et intransigeants, fifille resterait à la maison, point final.
La samedi arrivant, l'humeur de mademoiselle était massacrante, mais les parents ne cédèrent pas.
Le soir venant, elle pensait à ses copains-copines faisant la nouba au terrain de camping, et elle en voulait à mort à ses parents, comme
tous les adolescents qui n'obtiennent pas ce qu'ils désirent. Puis vers 10h, l'orage se mit à gronder, de grosses gouttes de pluie commencèrent d'arroser le terrain de camping, et la petite alla
se coucher un peu moins contrariée.
Sur le coup des minuits, le téléphone sonna: les copines appelaient au secours: "Madame, venez nous chercher s'il vous plaît, on a
peur toutes les deux, on est trempées et on n'a pas de tente!".
Les parents sautèrent dans leur voiture pour récupérer deux gamines de 13 et 14 ans, réfugiées sous l'auvent des toilettes, trempées,
terrorisées et transies de froid. Elle finirent leur nuit à la maison, dans des lits douillets, bien au chaud et à l'abri.
Ou étaient les autres? Tout simplement, les parents (sans doute des vieux ringards!) avaient refusé à leurs chers
petits une nuit au camping, seuls à leur âge. Les deux gamines se sont donc retrouvées seules, sous l'orage, les parents les ayant déposées au terrain de camping sans plus se préoccuper du
devenir de leurs filles. Sur une quinzaine de parents, il s'est quand même trouvé deux couples pour laisser leurs filles, presque des gamines encore, dans le terrainde camping d'un
petit village, sans se poser la question de savoir avec qui elles seraient, qui les rémènerait... J'étais stupéfaite qu'on puisse laisser des enfants aussi jeunes à notre époque ou les
faits divers de viol ou de brutalités font la une des journaux.
Le matin, la maman de service avait préparé les petits déjeuners, mais toutes les filles dormaient encore sur le coup des 10H.
Elle ne parla de rien, fit comme si de rien n'était, téléphona aux parents des naufragées pour venir récupérer leurs filles, à la
maison.
Les moeurs ont beau avoir évolué depuis les années 68, quand même, j'ai trouvé ça, et mes amis aussi, complètement inconscient de la part
de parents de laisser partir ainsi à l'aventure des enfants de 13 ans sans se demander si elles ne couraient pas un danger.
Tout est bien qui finit bien , et c'est tant mieux.
Comme je vous l'ai déjà dit, c'est sécheresse en Bourgogne du Sud. Les près sont plus secs qu'en plein mois de Juillet et les bêtes
sont couchées dans des champs jaunis par le manque de pluie. On commence à voir les tracteurs trimbaler des tonnes d'eau. Parfois un orage arrose un village ou un autre, mais pas assez pour
vraiment mouiller un sol sec à faire peur.
J'ai entendu deux choses qui m'ont fait un peu sortir de mes gonds (Encore! Je vous entends d'ici, je rouspète tout le
temps..etc...etc...). Dans un article il y a seulement quelques jours, on encourageait les agriculteurs à produire encore plus de bovins, toujours plus de bovins pour les envoyer dans les
pays du Maghreb, l'Algérie entre autres. Ces pays seraient de nouveaux débouchés pour l'agriculture, la France n'arrivant pas à absorber la quantité de viande produite dans notre pays. Et
voilà qu'il se met à faire sec comme c'est pas permis, comme si 1976 était de retour. Et tout s'effondre! Tout le beau système coule à pic! Alors quand j'entends que la France a comme mission de
"nourrir le monde", je me demande comment nos agriculteurs vont faire pour remplir cet objectif si la première sècheresse leur coupe les vivres. Il y a quelque chose qui ne colle pas.
Certaines années le foin abonde, et personne ne fait de réserve en prévision d'un éventuel problème comme celui que nous traversons en
ce moement. Il m'en reste 6 bottes de 230 kg dans un champ depuis deux ou trois ans. Je les ai abandonnées là parce qu'elles ne tenaient pas sur le camion qui emportait ma récolte. Je les ai
proposées à plusieurs personnes, tout le monde les refusait parce qu'il y en avait de trop. Mais en ce moment, on constate que les fermes n'ont aucune réserve de fourrage. C'est vrai qu'avec
la taille des troupeaux actuels, ce ne sont plus des granges qu'il faudrait! On a peine à imaginer la taille des entrepôts nécessaires pour engranger les réserves de nourriture
pour le bétail, ne serait-ce que pour un mois! Cette agriculture marche sur la tête depuis longtemps, et il serait temps de revenir à une situation plus logique: des exploitations moins grandes,
moins de bêtes, moins d'importations de tourteaux de soja venus d'Argentine ou je ne sais où, des fourrages produits sur l'exploitation pour dépendre un peu moins des approvisionnements
extérieurs. Et quoi qu'en disent les agriculteurs, moins de bêtes. On ne se nourrit plus comme il y a 20 ans, on mange moins de viande. Et ce n'est pas qu'une question de prix, j'ai acheté à
la boucherie du village du boeuf bourguignon 3€ le kilo! Du charolais local. Bon quand c'est cuit assez longtemps. Pas du steack, il n'y a pas que ça. Avec des légumes, des pâtes, du riz,
on nourrit déjà pas mal de monde avec 1kg de boeuf bourguignon! On ne travaille plus dans les champs à la main, à la faux ou à la faucille! Et les ouvriers à la chaîne sont aidés par
des robots. Je ne dis pas qu'ils font tout, mais ils allègent quand même le travail de force qui demandait à cette époque une nourriture plus riche en viande. On n'y peut rien, c'est
commeça.
Les agriculteurs ont défilé (déjà!) pour demander qu'on leur permette d'irriguer leurs cultures et de prendre l'eau dans les rivières pour
nourrir le bétail. Sachant qu'une vache boit environ 100L par jour, imaginez ce que consomme une ferme de 150 bêtes! Si ce temps là continue, il y aura des problèmes pour le bétail, mais il y en
aura aussi pour les humains.
Xavier Belin, le président de la FNSEA, a demandé que l'on puisse faucher les jachères fleuries que plantent les agriculteurs pour
compenser la perte de végétation des haies désormais rasées à 1m, qui n'ont plus fleurs pour nourrir des abeilles et couvrir le besoin du pays en miel. Sans oublier la pollinisation des
cultures indispensable.
J'aimerais rappeler aux agriculteurs qui ont le culot de faire cette demande, que si les apiculteurs plantent des jachères
fleuries, c'est parce qu'il y a des années qu'ils demandent qu'on laisse les haies un peu plus hautes afin de permettre aux aubépines, églantines, ronces... de fleurir afin de nourrir les
abeilles. Qu'il demandent aux agriculteurs de replanter des arbres fruitiers aux alentours des fermes et dans les prés ou les buissons. Ils ont reçu une fin de non recevoir ferme et
définitive:"Si en plus il faut qu'on s'occupe des apiculteurs, on a bien assez de s'occuper de nous". Voilà que le mouvement s'inverse, c'est vous qui avez besoin d'aide! Je ne suis pas sûre
que les apiculteurs soient plus compréhensifs que vous ne l'avez été, vue la façon dont ils ont été reçus.
Alors messieurs, réfléchissez un peu. Le monde change, il est temps de vous rappeler que nous sommes tous dépendants les uns des
autres, que si l'un vit mal, son voisin s'en ressentira. Agriculteurs, plantez des haies, des arbres fruitiers, vous y gagnerez car l'humidité relâchée par les arbres pendant la nuit permet
aux plantes de souffrir un peu moins de la sècheresse. Des arbres, des haies évitent l'érosion des sols. Vous vous en porterez mieux, les bêtes ayant de l'ombre dans les prés souffriront moins de
la soif, les apiculteurs auront de quoi nourrir les abeilles qui polliniseront mieux vos cultures.... C'est une chaîne sans fin, que notre agriculture industrielle a rompue et qu'il est temps de
remettre en route. Personne n'améliorera sa situation en écrasant les autres.
Passons maintenant au nucléaire. J'ai entendu cette réflexion d'un des météorologue de la radio, pas plus tard qu'hier: "On en est bientôt
réduit à dire, malheureusement, il va encore faire beau. C'est dramatique, car il faudrait de l'eau pour nos centrales nucléaires!". Et bien oui, mesdames-z-et messieurs, non seulement nos
centrales pètent de temps en temps d'un côté ou de l'autre de notre planète, mais il faut de l'eau pour les faire fonctionner! Qui a dit qu'on ne pourrait pas s'en passer? Si ça continue encore
longtemps comme ça, sans pluie et avec ce vent qui sèche tout sur son passage, on va être obligés de s'en passer! Et les éléments ne nous demanderont pas notre avis.
On a construit des entrales en sachant que cette technique était dangereuse, mais on espérait que nos géniaux scientifiques trouveraient
des moyens de se débarrasser des déchets, des moyens pour les rendre plus sûres. Et puis, comme ça fonctionnait comme ça tant bien que mal, on a ralenti les recherches en laissant les
centrales suivre leur petit bonhomme de chemin, comme un navire qu'on laisse filer sur son aire, jusqu'à ce qu'il s'arrête. Sauf que là, il ne s'arrête pas.Les déchets dont on ne sait que faire
s'accumulent dans des cavernes, des centres souterrains et y resteront des millénaires peut-être avant qu'on ait une solution pour s'en débarrasser. On ne maîtrise pas complètement la technique
comme on peut le voir au Japon, et encore je crois qu'on ne sait pas exactement ce qui se passe avec les divers réacteurs. Les japonais ont décidé de fermer leurs centrales. Toutes, je ne sais
pas, mais au moins plusieurs.
Pendant des années on nous a rabaché que nous payions l'électricité moins chère que les autres pays grâce aux centrales nucléaires. Mais
les nouvelles normes européennes, la sacro-sainte concurrence oblige l'état à augmenter le prix du KW/H, et il n'y aura plus aucun intérêt financier à utiliser l'électricité nucléaire qui sera
aussi chère que l'hydraulique. L'Allemagne s'est donnée 20 ans pour sortir du nucléaire, nous on persiste dans cette voie, et notre retard dans les énergies renouvelables sera d'autant plus grand
qu'on aura attendu plus longtemps pour prendre les mesures nécesaires à la recherche d'autres sources d'énergie.
Lorsque je vais en ville la nuit et que je vois ces immeubles de 30 étages éclairés à giorno, pour rien! Les entreprises ne
pourraient-elles pas se contenter de veilleuses pour indiquer les issues de secours en cas de nécessité? Pourquoi illuminer des milliers de mètres carrés pour rien, pour personne? Si on gardait
l'électricité nucléaire pour les transports indispensables ou l'industrie, et qu'on incite les gens à mettre des chauffe-eau solaires sur leurs maisons, cela ne ferait-il pas des économies?
Pas assez diront certains. Peut-être, mais les petits ruisseaux faisant les grandes rivières, pourquoi n'arriverions-nous pas à faire des économies au fil du temps? Vous pouvez me
traiter d'utopiste et vous avez peut-être raison. Mais la civilisation n'a-t-elle pas avancé grâce aux utopistes? Grâce aux curieux qui ont trouvé de nouvelles voies?
C'est comme pour le pétrole, la ressource n'est pas inépuisable, et on nous oblige à nous déplacer, en voiture principalement quand
on est comme moi à la campagne: essence pour aller chez le médecin, puisqu'on a rassemblé les praticiens dans des maisons médicales. Ceux ci ne font plus de gardes. En cas d'urgence, ou
de doute, il faut aller à la ville la plus proche, 30km pour nous, pour une simple consultation. Les grands centres hospitaliers avec des plateaux techniques très spécialisés sont
indispensables pour les opérations graves et ne peuvent être présents dans chaque patelin. Chacun peut le comprendre. Mais les infarctus, les fractures nécessitant une chirurgie de
pointe ne sont pas majoritaires. La plupart des consultations sont des cas dont on ne sait, puisqu'on n'est pas médecin, si ça peut être grave ou non. Il faut bien se déplacer pour
savoir? Et comment? Et bien, en voiture! Alors qu'on ne vienne pas nous bassiner avec des économies indispensables qu'il faudrait faire mais pour lesquelles aucune infrastructure n'est
prévue.
Il y avait jadis dans le village un petit train qui desservait les villes voisines. Peu confortable, lent, il
fallait presque 3 heures pour faire 50km en s'arrêtant dans chque village. Mais il avait le mérite d'exister, et ça permettait à ma maman quand elle était enfant d'aller chez le
dentiste toute seule à 40km de chez elle. Personne pour l'accompagner, elle quittait la maison à pieds. D'accord il lui fallait sa journée pour aller, faire ses soins et revenir le
soir. Mais elle n'avait besoin de personne. Avec l'automobile, ce n'était plus intéressant puisqu'on fait désormais l'aller-retour et les soins en moins de 3 heures! Mais il faut savoir
conduire et avoir un véhicule. Ce n'est pas à la portée de tout le monde.
On pourrait parler encore longtemps de tout ce qui ne va pas dans ce monde qui perd la boussole et dont l'unique référence est
l'argent, le paraître, l'accumulation de biens à la mode dont on se passe fort bien.
Et puis "la nécessité rend ingénieux" (dixit abbé Cayer, ingénieur). J'avais des fauteuils en plastique blanc absolument affreux à force
d'avoir reçu la pluie, les feuilles de glycine. Tellement moches que je ne pensais qu'à les jeter. En triant des pots de peinture j'ai trouvé des restes de peinture monocouche de diverses
couleurs. Fichus pour fichus, j'ai peint 2 fauteuils avec le vert des volets, une table en bois et des chaises en blanc, un fauteuil et une table en bleu lavande, il m'en reste un qui finira
en bleu marine. Je suis ravie de l'effet créé, ça donne à mon jardin un côté fantaisie qui me va très bien. J'ai maintenant assez de fauteuils, j'ai évité des déchets dans la poubelle et
j'ai économisé de l'argent! Que demander de plus? On pourra me dire qu'ils ne sont pas neufs. C'est vrai, mais je n'ai pas le goût du neuf, j'aime le patiné, le vieilli, qui a déjà vécu. On ne
peut pas faire ça avec tout, mais je suis certaine qu'on peut éviter des frais d'ordures, de déplacement en rassemblant les courses... sans que notre vie soit moins confortable.
Bon, je suis KO, je vais stopper là.
Une petite blagounette belge qui vole assez bas pour que je la comprenne: Un chinois et un belge trinquent, le chinois lève son verre
le premier: "Tchin-tchin" dit-il à son vis-à-vis. "Belgique-Belgique" lui répond son voisin en levant le sien.
Comme toutes les autres, ça ne va pas chercher loin, mais j'aime l'humour absurde.
Passez une bonne nuit, faites de beaux rêves, et mettez un cierge pour qu'il pleuve un peu.....