Dimanche 8 janvier 2012 7 08 /01 /Jan /2012 17:15

2012 01 08, JE CHANTE... JE CHANTE SOIR ET MATIN.... JE CHANTE....ETC...

     Ainsi que je vous l'ai peut-être déjà dit, si nous avons eu du beau temps jusqu'à jeudi dernier (je crois, le temps passe tellement vite), depuis deux jours, il pleut, il bruine, il fait moche, ça brouillasse, ça crachine, on clapote dans les flaques. Bref, un vrai temps pourri à vous saper le moral, pire qu'un discours de Hollande!

     (Petite parenthèse sur le mou de la Corrèze. Il paraît qu'il essaie d'imiter Tonton Mitterand, dans ses attitudes, ses gestes, son phrasé. C'est déprimant de penser qu'un candidat soit obligé d'imiter un prédécesseur pour se faire élire. Cela jette un sacré doute sur ses capacités  à avoir des idées innovantes. J'ai déjà dit (oui, je radote un peu!) que le programme qu'il proposait était le même que les 25 autres précédents proposés par les socialistes pendant les cent deernières années!. S'il faut en plus qu'il imite tonton pour trouver quoi dire, ça nous promet de longs, trèèèès loooongs moments d'ennui insondable. On aimerait un peu plus d'énergie. Mais pas d'une énergie feinte, celle qu'on sent venir, artificielle, quand la voix s'accélère, que les mots sont plus appuyés, celle qui doit déclencher les applaudissements qu'on sent venir. Non, on a besoin d'une vraie énergie, d'une foi, d'un enthousiasme visibles qu'on n'a pas encore vu jusqu'à présent.)

     Quand il fait un temps pourri comme ça, je me mets à faire de la cuisine. J'ai fait des pains d'épices, il m'a fallu mon après-midi. Ce n'est pas difficile, mais bon sang que c'est long!

     Pour me passer le temps pendant que je coupais mes fruits confits en petits morceaux, mes abricots en petits morceaux, mon gingembre confit et tous les ingrédients en petits morceaux, je me suis mise un CD d'Herbert Pagani.

    Vous ne connaissez pas Herbert Pagani? Cela ne m'étonne pas. Je vous parle de gens que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître (Comment ça je plagie? Ouais... Bof...Un peu!)

    En quelques mots. Herbert Avraham Haggiag Pagani est né le 25 Avril 1944 à Tripoli, dans une famille juive italienne. Il remplace au pied levé une présentatrice sur Radio Monte Carlo, et en profite pour passer ses disques. Il fut le premier disc-jokey de la station. Auteur-compositeur- interprète, il était aussi sculpteur et peintre. Il a aussi  traduit  Brel en italien. Lors de ses concerts, lorsqu'il chante "Concerto pour Venise", il utilise le fond de scène comme une toile pour dessiner la ville qui prend forme sous les yeux des spectateurs pendant la chanson. Il avait un talent fou, une très belle voix, des orchestrations superbes et je trouve dommage, voire anormal, qu'on l'ait oublié. A part quelques aficionados qui l'écoutent toujours avec autant de plaisir, plus personne ne passe ses disques à la radio. C'est vrai qu'il écrit "des textes" qu'il faut écouter pour les comprendre. Ce ne sont pas des chansons à zapper au milieu.

     Il est décédé le 16 Août 1988 à l'hôpital West Palm Beach en Floride, après une leucémie.

     Recentrons un peu le récit.

     Retour au début de l'histoire.

     J'ai décidé d'écouter ce disque pour me passer le temps pendant la cuisson de mes pains d'épices. Et comme je me croyais seule à la maison, j'ai mis la musique assez fort (pas au point d'être sourde quand même) pour profiter des orchestrations. Quand je suis seule, je chante. C'est à dire que comme je connais presque toutes les paroles, je chante avec lui. Je m'essaie au duo.

     J'étais donc entre mes pâtisseries et mon rôle de choriste, accompagnant avec enthousiasme, un chanteur que j'adore. C'est à dire que j'y allais de bon coeur. J'ai toujours aimé chanter, j'ai chanté avec "Coeur Joie" (et César Geoffray) de l'âge de 8 ans jusqu'à 15 ans. Et quand je chante, je chante! Je ne fais pas semblant.

     Quand j'entendis une voix descendant l'escalier du premier étage:

"Chérie!!!! Qu'est ce qui t'arrive? Pourquoi tu cries comme ça?"

"Comment ça "je crie"?. Je ne crie pas.... JE CHANTE!"

"Ahhhhhh..... Bon...."

     Et il ferma la porte entre la cuisine et le reste de la maison pour ne plus m'entendre. C'est un coup à vous bousiller une future carrière en instillant un doute sur vos capacités....

    Lorsqu'il intervint de façon intempestive dans mon duo, j'étais juste sur ma chanson préférée (avec "Concerto pour Venise"), "La leçon de peinture". A mon grand regret, ma prestation ne fut pas admirée à sa juste valeur! Je chante encore avec plus d'enthousiasme sur celle-ci que sur les autres car je la connais par coeur.

     Comme je trouve cette chanson magnifique, je vous en donne le texte. Si vous voulez entendre la splendide orchestration qui l'accompagne, allez sur internet, tapez "Herbert Pagani", et vous saurez tout sur lui, sa vie et son oeuvre. Il fut l'un des premier chanteur "écologiste", le premier qui parla dans ses chansons de la pollution et de la défense de la nature. Ses origines métissées lui font parler du racisme avec élégance et sans acrimonie. Cela change des diatribes acerbes qu'on entend actuellement. Et je crois que c'est bien  plus efficace. 

      Comme j'aimerais vous le faire apprécier, peu à peu je vous donnerai les paroles des chansons que je préfère. Il y a aussi Lafaille dont je vous parlerai un autre jour. Ces deux grands "messieurs" ont une placede choix dans ma discothèque de cuisine, toujours à portée de mes oreilles. Avec Mahalia Jackson, Marcel Dadi,Ffabrice Eulry, Tchavolo Schmidt, Django Reinardt, Un américain à Paris, Mozart..... et j'en passe!

 

Donc: "La leçon de peinture", de Herbert Pagani, paroles et musique.

 

"Quand je sors de Paris, capitale poubelle,

Quand je fuis ses affiches qui m'engueulent en couleurs,

Quand je laisse ses gris dans mon rétroviseur,

Pour chanter quelque part entre Loire et Moselle,

Je découvre ta face balayée d'hirondelles,

Et je redeviens peintre, et j'oublie le chanteur.

 

T'as des ciels qui me donnent des leçons de peinture.

T'as les ciels des tableaux de la révolution.

Tes nuages crachés par d'énormes canons,

Se baladent si haut quand on passe en voiture,

Qu'on dirait des navires en conquête d'azur,

Qui floconnent si bas, qu'ils me touchent le front.

 

Tes chaumières ont tout l'air de sortir d'une bible,

Rédigée par les soins d'un Moïse normand,

Et tes prés sont d'un vert tellement comestible,

Qu'on s'y rêve cheval pour y paître un instant.

 

T'as les ciels de Vlaeminck mais d'un bleu qui voyage,

T'as les champs de Gogh, mais avec les odeurs.

T'as Monet pour maison, ses reflets, ses vapeurs,

Et ses jungles fleuries dans les gares de village,

C'est tellement du Rousseau, qu'on se dit c'est dommage,

Il y manque un lion souriant dans les fleurs.

 

Qu'il me guide du ciel ou qu'il soit à mes trousses,

Qu'il soit d'or ou de cuivre, ou de brume ou de sang,

Ton soleil me révèle selon l'heure ou le temps,

Des printemps japonais, des automnes de mousse,

Des étés pissenlit patronnés par Larousse,

Des novembre de pluie, des hivers de diamant.

 

Et tes boules de gui suspendues dans le vide,

Prouvent bien que la Gaule n'a jamais disparue

Puisqu'elle est encore là qui te lance un salut

De ses mille ballons footballés par ses druides.

 

Et pourtant moi qui prends des leçons de peintures,

Moi qui chante ta terre à tes propres enfants,

Moi qui a force d'amour ai perdu mon accent,

Et te taille en français des quatrains sur mesure,

Comme bien des amants j'ai aussi ma blessure,

Que je garde secrète, mais qui saigne pourtant.

 

M'as tu bien regardé,? J'ai la boucle berbère.

M'as tu bien écouté? J'ai la voix d'un maçon.

C'est dans l'huile d'olive que je cuis mes chansons,

ET je parle des mains et j'adore ma mère.

Mais j'ai tant de pogroms dans mon coeur millénaire,

Que j'hésite parfois à manger du jambon.

 

Tu commences à comprendre pourquoi je m'inquiète

Quand je vois le mépris qu'ont parfois tes enfants

Pour nous, les arabes, les juifs, les gitans

Qui n'ont pas le talent de passer pour poètes.

 

C'est au nom de tes ciels aux mouvantes peintures,

C'est au nom des concerts que dirigent  tes vents,

C'est au nom de ma chance, et de tant de tourments

Que je pose à présent ma question, ma blessure:

Est-ce vrai qu'on t'ennuie avec notre nature?

A moins qu'on ne l'exprime d'une scène en chantant.

 

     Il n'y a rien à ajouter, ce silence est aussi de lui.

     Passez une belle nuit, faites de beaux rêves.

 

 

 

 

Par monique de lavesvres
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés