Partager l'article ! 2012 01 21, Faut-il pleurer, faut-il en rire...: 2012 01 2, Faut-il en pleurer? Faut-il en rire?.... Devant beaucoup ...
2012 01 2, Faut-il en pleurer? Faut-il en rire?....
Devant beaucoup d'événements, on se pose souvent cette question.
Une chose peut être tellement sordide, stupide ou méchante, qu'on ne sait si on doit se désoler de tant d'imbécillité, d'une telle dose de méchanceté, ou rire d'une telle stupidité.
J'ai regardé hier après-midi sur la 5 une émission intitulée: "Nigeria, les esclaves de l'or noir". J'étais loin d'imaginer ce que cette émission allait me révéler.
J'avais lu il y a seulement quelques jours un article dan les "Dossiers du Canard" (ref:MR149) concernant le Nigeria, et j'avais déjà eu une vague idée, pas très flatteuse de ce pays. Dans le texte qui suit, il est question de l'énergie nucléaire. Le Niger posséde des mines d'uranium, et la France est l'un de ses principaux clients. A mon avis, il vaut mieux ne pas trop compter dessus, ce pays me paraît sujet à caution.
Je cite un article de ce dossier intitulé: "Au Niger qui mal y pense", page 65 du numéro nommé ci dessus.
"Au Niger qui mal y pense,
"Pilier du nucléaire français, le Niger reste abonné aux dernières places du classement de l'ONU en matière de développement humain (antépenultième en 2010). L'espérance de vie y est de 52 ans et les trois quarts de la population sont analphabètes. Autant dire que, avec un tel partenaire, ni la France ni AREVA ne s'embarrassent de beaucoup de précautions sanitaires.
"Sans le travail remarquable de l'organisation touareg Aghir in'Man et sans ses relais français, l'ONG Sherpa, et la CRIIRAD, les conditions de l'exploitation de l'uranium nigérian seraient restées injustement méconnues. Greenpeace s'en est aussi fait l'écho dans un rapport publié en Juin 2010. Pour Almoustapha Alhacen, fondateur d'Aghir in'Man, ce qu'AREVA laissera derrière elle "c'est la pollution durable".
"Pompage massif d'eau fossile dans une région désertique, distribution d'eau potable contaminée par l'uranium aux populations des cités minières, millions de tonnes de résidus radioactifs abandonnés à l'air libre et livrés aux aléas climatiques, ou utilisés pour construire routes et bâtiments, populations exposées aux émanations de radon cancirégènes.... Voilà le modèle d'exploitation promue par le champion de l'énergie hors du territoire national."
Beau bilan dont la France n'a pas à être fière!
Maintenant que nous avons parlé du nucléaire, on va attaquer les pétrole et l'essence. Attachez bien vos ceintures, cramponnez vous, ça décoiffe!!!.
Le Nigeria possède de très gros stocks de pétrole, exploités par Shell, Total, Chevron-Texaco et Exxon-Mobil. Vous avez une idée d'une raffinerie: des kilomètres de tuyaux, des tubes, des robinets... C'est un tel asemblage que la vulnérabilité des installations est évidente.
Tous les jours, une quantité énorme de ce fuel est pompé directement par des contrebandiers, et traverse la frontière, en direction de Cotonou, capitale du Bénin. Du producteur au consommateur!!! Le circuit court du pétrole...
Evidemment, ce commerce est illégal, mais il fait vivre directement ou indirectement, presque un quart de la population locale.
Tout ce trafic est parfaitement bien organisé, rien n'est laissé au hasard.
Le patrons de raffineries clandestines récupèrent le fuel non raffiné à même les tuyaux qu'ils piratent consciencieusement en faisant bien attention de ne pas se faire coincer Les plus modestes remplissent d'anciennes barques de pêche avec un pétrole brut appelé "bonny light". Il est d'excellente qualité, très facile à raffiner, et les nigerians considèrent que ce pétrole leur appartient. Ce qu'on peut comprendre! Ces barques chargées de presque 1000 litres de pétrole brut, partent de nuit de préférence en direction de la raffinerie clandestine. Les conditions de transport sont épiques, l'équipage étant obligé de voyager nu. Pourquoi nu? S'il y avait une étincelle, cela enflammerait les habits imbibés de vapeur d'essence. Ils ramènent donc leur embarcation à destination, nus sur le banc de nage, les jambes baignant dans le pétrole pendant tout le voyage qui se fait à la rame!
Arrivés à destination, il s'agit de transvaser ce pétrole pour le chauffer et le raffiner. Je ne donnerai pas de détails sur cette opération car je n'ai pas vraiment compris la technique de raffinage. La seule chose bien visible qui indique une raffinerie clandestine, c'est le rouge des foyers et la fumée noire qui volute au dessus des arbres. Pendant ces opérations, on branche et on débranche les tuyaux qui fuient comme des passoires. Tout ça tient par l'opération du Saint Esprit, à coup de ficelles, bouts de tissus et morceaux d'élastiques. Ces opérations ayant lieu au bord de l'eau, le pétrole brut, l'essence et tous les résidus dégoulinent dans la rivière et polluent à tire larigot. Tant et si bien, qu'il n'y a plus de poissons et que les populations locales n'ont plus rien pour se nourrir.
Une fois raffinée, l'essence est embarquée dans de petites anses situées le long des rivières. Tout est transporté dans les bidons, à dos de moto. En bidons de 50 litres, une seule moto pouvant en charier 14, soit 700 litres à chaque voyage.
Il faut voir le harnachement, la mise en place des bidons. On empile, on coince entre le cadre, le guidon et le petit bidule sur lequel on appuie pour faire démarrer l'engin. Pour arrimer le chargement, c'est tout un art. Afin que les bidons ne soient pas en contact avec le tuyau d'échappement qui ne doit être pas loin de prendre feu, le motard les fait "maigrir" en avalant l'air qui peut rester dedans! Il n'y a plus de place pour le pied du pilote, il faut qu'il s'installe de travers. Malgré tout cet échafaudage, il arrive encore à en caler un sur le guidon. Et il faut voir les motos! Elles fument, elles crachent, elles patinent.... Le chargement bagote de droite et de gauche, et pour démarrer, il faut un ou deux copains pour pousser la moto, qui démarre enfin en slalomant, dans un nuage de fumée noire qui doit se voir à un kilomètre! La livraison commence. Par de petits chemins caillouteux, sablonneux et malaisés, des pistes clafies de nids d'autruches vu leurs tailles respectables, des imitations de routes en tôles ondulées qui traversent les villages, le voyage tient plus de l'épopée que d'un voyage d'agrément. Il s'agit de ne pas tomber, d'éviter des douaniers et d'arriver à destination entier. La chute, c'est l'essence qui s'enflamme et la mort à 90 chances sur cent!
Enfin, arrivé au Benin, on livre chez les clients. Cette essence mal raffinée empuantit les rues de Cotonou, fait flotter au dessus de la ville un nuage de pollution. Les bidons d'essence sont vendus en ville au prix de 40 centimes de litre!!! Les autorité tolèrent ce trafic, il fait vivre un quart de la population béninoise. Dans certains endroits, les douaniers très bien organisés mettent un peu la main à la pâte en régulant les transports, et touchent leur petit backchich! Il faut bien que tout le monde vive!!!
Encore un voyage bien terminé. Il faut donc aller remercier les prêtres vaudou. Car si on ne va pas remercier les prêtres, le vaudou ne protège pas les motards. On apporte des cadeaux: du savon, des produits de bain ou de toilette. Du moins était-ce le cadeau de remerciement de ce voyage là. Peut être offre-t-on aussi d'autres choses? L'histoire ne le dit pas.
A la fin de ce reportage, on était tous les deux complètement ahuris. On comprend pourquoi la population vit en moyenne 52 ans dans ces pays. La pollution est partout, dans les rues, dans l'air, dans l'eau. Plus moyen de pêcher, la rivière est auréolée de taches multicolores et charrie un flot épais. Les rives sont polluées, plus de cultures, le delta du Niger se meurt, la population avec.
Il faut bien constater que les populations locales ne voient jamais les avantages que ce commerce ultra rentable pourrait leur apporter. On pourrait penser que les dirigeants font des écoles et des hôpitaux, construisent des routes ou des maisons, modernisent leur pays pour améliorer les conditions de vie des habitants. Mais on ne voit rien de tel! C'est misère et pollution sur toute la ligne. Ou va l'argent du pétrole? Comment ne pas les comprendre? Ils font comme ils peuvent pour récupérer un peu de cet or noir qui leur appartient.
On critique souvent les pays du Golf Persique. Au moins, dans ces pays là, même si la démocratie n'y est pas à la mode, les gens profitents-ils de conditions de vie plus confortables.
Oserait-on leur en vouloir?
Un autre sujet pour râler un peu! Oui, je sais, j'ai eu une gastro, je n'ai pas râlé depuis plusieurs jours, il faut bien que je me rattrape!
Le matin, il m'arrive d'écouter RMC. L'autre jour, j'ia pris en cours de route un discours de Mme Dementon avec sa voix de fausset. Elle vantait les mérites de la marque de lingerie Princesse Tam-Tam. Cette marque, française d'après ce que j'ai compris, bénéficie d'une certaine renommée, et du prix qui va avec. Mais elle n'est pas fabriquée en France, parce que "la main d'oeuvre est trop chère", air connu et refrain indémodable! Mais cette "pédémégère" était toute fière, parce que si les modéles sont fabriqués au Bengladesh et en Tunisie, les dessins sont conçus en France, les designers sont français, bien de chez nous! Sa collègue en a pété les plombs! Si j'avais été là j'aurais fait pareil.
J'en ai marre qu'on se vante de nos designers, nos architectes, nos parfums... tout ce qui fait notre richesse, tout ce qui ajoute la "touche française" à des souliers ou des maisons, soit toujours fait ailleurs. Cette dame, qui me semble avoir un autre sens des réalités et être dans la vraie vie des gens normaux que Mme Dementon, s'est enflammée comme de l'étoupe: "Tout le monde ne peut pas être ingénieur ou architecte.. Ceux qui ne peuvent pas être architectes ou je ne sais quoi, qu'est ce qu'ils font? Ils crèvent? Mais y en a marre à la fin de ces raisonnements stupides...".
La conversation était rude, et j'ai applaudi des deux mains. Elle avait entièrement raison. Il ne peut y avoir de vie sans usines, sans lieux de production, sans lieux de commercialisation.... De même, que ces lieux ne peuvent pas fonctionner sans employés, sans comptables, sans emballeurs, sans femmes de ménages, sans petites mains pour réaliser ce que l'autre à dessiné ou pensé. Il faut des chefs pour diriger les entreprises et des ouvriers pour réaliser des "objets". Que ce soient des maisons, des routes ou des portes. Pour qu'une société vive, chacun doit avoir une place. Si on oublie ça, on se fourre le doigt dans l'oeil et on voit aujourd'hui le résultat de ces idées à la con. Je ne peux pas les nommer autrement.
Un pays sans usine ne produit rien et il faut avoir l'esprit aussi coincé que celui d'un énarque pour penser que les pays émergents vont rester producteurs de savates à deux sous et de petites culottes au rabais. Avec les échanges de technologie, ils apprennent parce que ce ne sont pas des crétins, ils innovent, ils posent des brevets, ils forment des étudiants, et ils sont à notre niveau depuis bien longtemps. Bientôt ils nous enverront nos propres avions. On sera bien avancés d'avoir fait les projets en France, ça ne nous rapportera rien. Belle manip!!!
Alors réindustrialiser la France, faisons le et vite. Formons au pas de course des ingénieurs, des ouvriers du bâtiment, des prothésistes dentaires, des couturières... Cessons de penser prestige pour penser simplement à faire ce dont on a besoin. La qualité française existe. On achète la marque "France", mais pas pour des articles mal fichus, mal cousus, ou au rabais. Si cette crise n'avait servie qu'à ça, au moins aurait-elle été utile.
J'arrête vite, mon ordinateur me fait des trucs bizarres et je crains qu'il me laisse en rade.
Bonne semaine, à bientôt