Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 13:24

2012 02 20, JE RALE... TU RALES PEUT-ETRE.... Et VOUS?

     UNE CALOTE A 1000€:

     Cette semaine, le maire d'une commune du Nord, Avenne sur Epte je crois, s'est vu condamné pour une claque à un gamin de 16 ans. Ce dernier escaladait un grillage posé par la mairie, pour récupérer un ballon. Le maire, lui ayant passé un savon, le gamin a répondu en lui faisant des "menaces de mort" (personne n'a confirmé, je reste très prudente quand les faits ne sont pas vérifiés officiellement), et en l'insultant. Exaspéré, le maire lui a allongé une claque.

     Alors, je vais me faire encore des ennemis. Je dis haut, fort et clair que ce maire a très bien fait! J'aurais été à sa place, il avait un aller-retour express sur le coin de la figure.

     Le père du gamin a porté plainte, son pauvre petit chouchou avait récupéré une calote! 

     Ce père aurait eu un tant soit peu de bon sens, qualité qui a tendance à se perdre de nos jours, il aurait pris son gamin par le bras, aurait demandé un rendez-vous au maire, et ils se seraient expliqués "entre hommes". Chacun aurait pu se défendre, le père aurait su ce qui s'était passé. Il aurait pu prendre la décision de punir son fils si nécessaire, ou demander à ce dernier de faire des excuses pour avoir insulté le premier magistrat de la commune. La situation aurait été claire pour tout le monde. 

    Mais ce qu'on voit ici est absurde. Un gamin, qui n'a rien d'un enfant de choeur et qui n'en n'est pas à sa première incartade, grimpe contre un grillage "municipal" au risque de le détériorer pour aller chercher son ballon. Ce terrain n'avait-il pas de porte? Ne pouvait-on y pénétrer qu'en escaladant? Etait-il possible de se faire ouvrir une porte? Si on veut "juger", il faudrait tout savoir. Je comprends que le maire ait pété les plombs en voyant un gamin grimper au grillage tout neuf qu'il venait d'installer et l'insulter. Les municipalités ont de gros frais d'entretien et refaire un grillage détérioré revient cher. Il faut racheter le matériel, changer le morceau abimé, le remettre en place. Vous pouvez dire "Vous parlez d'une affaire, il y en a pour 10 minutes". Peut-être. Mais ne pourrait-on s'éviter ces frais en respectant les installations communales? C'est aux parents d'expliquer au gamin que rien n'est gratuit. C'est aux parents d'envisager des sanctions pour apprendre aux enfants à respecter le bien commun. Cela fait partie de l'éducation donnée par les parents. S'ils ne font pas cette démarche, ils exposent leurs enfants à devenir des "inadaptés sociaux" incapables de vivre avec les autres.

    Le pire, c'est de penser qu'il y a eu un juge pour accepter cette plainte! On vous casse votre voiture, on vous vole votre sac à main, vous allez porter plainte. Tout ce que vous obtenez, c'est une "main courante" qui équivaut à une affaire classée sans importance. Point final. Circulez, y a rien à voir....

     Dans le cas de ce maire, quels intérêts sont en cause pour que cette plainte ridicule aille en justice dans des delais aussi brefs? Je ne peux m'empêcher de me poser la question.

     Trouver un juge qui accepte de prendre en compte cette idiotie, ça semble invraisemblable. La plupart du temps les affaires judicières traînent des semaines, voire des mois! Un fait banal qui aurait dû se régler en 5 minutes dans le bureau du maire fait la une de tous les journaux par une condamnation indigne. Un maire condamné à une amende pour "préjudice moral!" pour avoir rappelé à ses devoirs un gamin mal élevé. En entendant ça, j'étais ahurie! Pour faire bon poids dans la bêtise, le maire s'est fait "réprimander" par le juge comme un gamin de 10 ans! Il était ulcéré, et je le comprends. Il a fait appel, et j'espère que ce père irresponsable sera condamné  à des travaux d'intérêt général au profit de sa commune, pour abus de plainte ou je ne sais quoi qui décourage de tels comportements. Il pourrait payer de ses propres deniers un nouveau grillage ou n'importe quelle installation détériorée par son rejeton. Il irait chercher les fournitures, les paierait de sa poche, et passerait le temps nécessaire à les réparer lui-même. Cela l'aiderait peut-être à avoir une idée du prix et du travail que coûtent à la communauté ces milliers de petits riens jour après jour.

     Dans cette affaire, il y a deux personnes à éduquer, le père et le gamin récidiviste. C'est avec des comportements comme ça qu'on en arrive aux "incivilités", mots langue de bois qui définit tout comportement d'enfant, ou d'adulte!, "mal élevé", ou pas élévé du tout! Cela rend certains endroits invivables. On s'éxaspère et c'est ainsi que les claques arrivent sur la tronche d'un gamin de 16 ans qui se croit tout permis. Comment voulez-vous après la réaction de son père, qu'il en soit autrement? A l'école, ce sera un petit caïd odieux qui empoisonnera la vie des autres. A son travail, s'il en trouve un!, ce sera l'emmerdeur patenté qui aura des problèmes avec ses collègues... Et ainsi de suite. Avec des réactions comme celles de ce père, on fait des enfants qui ne savent ni vivre, ni se comporter en société.

    Et je le dis en gros "CE SONT LES PARENTS LES FAUTIFS", pas les gamins. Les enfants sont comme les parents les font. Ils ne naissent pas inadaptés, ils n'ont pas une vocation d'emmerdeurs. Ils le deviennent dans leur enfance, les parents les rendent comme ça.

     

HALLAL OU PAS:

     Il y a environ deux mois, "Que Choisir," faisait un article sur la viande hallal qui était peut-être vendue pour de la viande "normale". Avec les photos d'animaux que je me suis empressée de couvrir pour ne pas les voir. Je ne peux pas, c'est au dessus de mes forces. Mais j'ai bien lu les textes. Il en ressortait que de la viande normale était vendue pour de la viande hallal. 

     A vec Marine le Pen, c'est plutôt de l'inverse dont il s'agit.

     Elle a mis les pieds dans l'abattoir à propos de la viande hallal qui serait remise, ni vu ni connu, dans le circuit normal. Déjà bien avant elle, Brigitte Bardot avait soulevé le sujet: en France, une "loi oblige", ce n'est pas en option, c'est une "obligation légale", à assommer un animal avant de le saigner. L'abattage "rituel par égorgement d'un animal conscient" n'est pas autorisé en France par respect de la douleur animale. Jacques Julliard avait fait un éditorial dans le Nouvel Obs: "Ce n'est déjà pas rien de manger un être vivant, si en plus on le fait souffrir!". On ne peut pas dire que ce journaliste fasse de la sensiblerie déplacée dans ses éditoriaux, mais comme beaucoup de gens, il s'interroge sur cette façon de donner la mort. Jusqu'à présent, on n'osait pas trop en parler pour ne pas se faire taxer de racistes. Mais c'est un point important dans notre civilisation française, il devient primordial d'aborder le sujet avant que l'ambiance ne se détériore. Cela peut arriver, il faut en avoir conscience.

     Je tiens à préciser que je suis pour la mort sans douleurs de "tous les animaux" qui finissent dans nos assiettes. Il serait bon de condamner également la "Tour d'Argent" qui sert "le canard au sang" (numéroté s'il vous plaît!) qui a fait sa réputation. Cette volaille n'est pas tuée le plus rapidement possible pour lui éviter des souffrances. Non, non. On l'étouffe jusqu'à ce que mort s'en suive. Pour avoir vu plus d'une fois ces volailles pendues aux portes des granges de nos campagnes par une corde autour du cou, battant des ailes jusqu'à ce que mort s'en suive, je peux vous dire que ça dure plusieurs longues, très longues minutes. Et pour avoir vu tuer les pigeons en les serrant sous les ailes au niveau du coeur, jusqu'à ce qu'il lâche et que leur tête tombe sur le côté, je ne saurais admettre ces tortures. Sans oublier les lapins à qui on arrachait un oeil pour le saigner, et qu'on pendait aux portes des granges pour les dépouiller. Ils criaient, c'était une horreur, et je les entends encore parfois dans mes cauchemars. Je les entends depuis 60 ans!!! Jamais je n'ai pu oublier ça, et ça me suivra jusqu'à mon dernier jour. Idem pour les homards qu'on découpait jadis vivants, sous prétexte que c'était bien meilleur. Dans un livre de cuisine datant des années 20, une cuisinière s'en émouvait déjà. Trouvant ça atroce, elle les assommait avant de les plonger dans l'eau bouillante, et jamais personne ne s'en est rendu compte, ses homards étaient toujours jugés excellents. L'argument du goût supérieur ne tient donc pas à l'analyse.

     Lorsqu'on allait à Noirmoutier, on en achetait au port de l'Herbaudière, à l'arrivée des bateaux. C'était très abordable dans les années 1960. J'avais vu le copain de mon père en plonger un dans l'eau bouillante, le couvercle du faitout se soulever sous les débattements du homard dans sa gamelle, mourant ébouillanté. J'étais très petite, mais je m'en souviens comme d'hier. Même mieux! Un jour qu'on en avait ramené un pour déguster au repas du soir avec les voisins, je n'avais rien dit à personne, j'avais pris le homard sous mon bras et je l'avais rejeté à la mer. Quand on l'a cherché pour le préparer, j'ai expliqué avec une bonne foi et une naïveté confondantes, mais les larmes aux yeux, que je l'avais rapporté à la plage parce que je ne voulais pas qu'on le tue. Personne n'avait osé me disputer parceque  mes parents s'étaient rendus compte que c'était un vrai chagrin. Je ne faisais pas un caprice, j'avais pris une décision qui me paraissait juste.

    Tout ça pour vous dire qu'il n'est nullement question de religion dans cette histoire, mais de souffrance animale.

     L'abattage hallal est une horreur. Mon mari avait reçu une vidéo de l'abattage d'un veau. Ce n'est ni une mauviette ni un hypersensible, mais il n'a pas pu regarder jusquau bout, au bout de 10 minutes, il a craqué. J'ai vu l'abattage d'une vache sur la place d'un petit village du Maroc, je ne parle pas en l'air.

     J'ai lu il y a quelque temps un article qui précisait qu'il n'est dit nulle part qu'un animal doive être "conscient" pour être abattu. Il est simplement précisé qu'il doit "être vivant", ce qui est bien différent. Conscient, il ressent toutes les douleurs, inconscient, il ne ressent rien. Les imams ne semblent pas tous d'accord là dessus. Il doit être saigné, c'est tout. 

     Peut-être que je m'avance ou que je suis à côté de la plaque, pardonnez moi si je fais fausse route, il me semble que la précision "d'animal vivant" doit être une mesure d'hygiène afin que les gens ne consomment pas d'animaux morts avec lesquels ils pourraient se rendre malades, voire mourir. Cela me paraîtrait une explication plausible pour cette prescription.

     En France, les abattoirs de l'Ile de France sont désormais agréés "hallal", c'est plus simple pour la gestion des abattages et tout se faisant dans le même endroit, c'est bien moins cher. On savait déjà que la viande hallal arrivait dans les assiettes de tout le monde quand il y en  avait  de reste. Certains ne consomment que les avants des animaux, ceux qu'on fait mijoter longuement. Que faire des arrières, là où se trouvent les grillades?.

     Un boucher expliquait que cette viande ne perdait pas de qualité gustative lorsqu'on la cuisine en sauce, en boeuf bourguignon,  aux carottes...etc. Mais que cela se connaît au niveau des rôtis et des viandes à griller, celle dont les français sont friands. Si la côte de boeuf que vous consommez est hallal, c'est à dire que l'animal a été abattu dans la douleur, elle est dure, sèche et  peu goûteuse. Un animal qui agonise pendant 10 à 15 minutes, dans des douleurs intolérables, peut-il être bon? Tous les cuisiniers disent que le stress d'un animal à l'abattage joue sur la tendreté de la viande. 

     Un boucher de grand magasin expliquait que les médaillons verts signalant la viande hallal étaient souvent ôtés parce rien n'oblige à préciser la méthode d'abattage de l'animal que l'on mange dans notre pays. C'est ainsi que tout est mélangé, et que certains s'en inquiètent. Il avait été question d'une loi obligeant de signaler cet abattage rituel, mais elle a été retoquée par le gouvernement il y a peu de temps. 

      Un vétérinaire expliquait que si on passait une vidéo sur l'abattage rituel d'un boeuf à une heure de grande écoute, le marché hallal s'effondrerait illico, et je n'ai aucune peine à le croire. Existe-t-il un risque sanitaire? Un animal abattu dans la filère normale a l'estomace ligaturé afin que la viande ne soit pas polluée par les bactéries qui y séjournent en grande quantité. L'estomac d'un animal hallal ne subissant pas cette ligature, les rejets divers, bactéries et autres microbes peuvent remonter dans l'estomac et infester la viande. On y trouve entre autres bactéries, l'Echérichia Coli qui peut être mortelle.

      Un autre auditeur expliquait qu'il était aussi simple d'étiqueter la viande que de marquer des oeufs. Pour ceux-ci, on donne le jour de ponte, la date d'emballage, le lieu de production, le mode d'élevage... toutes présicions qu'il serait très simple d'appliquer à la viande hallal ou non. Il a fallu des années pour qu'on obtienne la traçabilité de la viande et des oeufs, les contrôles sont permanents, pourquoi ne pas prendre la même démarche pour la viande? Ainsi chacun pourrait choisir d'en consommer ou pas en toute connaissance de cause.

     Il y a déjà quelques temps, en discutant avec des copains agriculteurs, ils insistaient sur le nouveau débouché de leur viande de boeuf dont on ne sait plus quoi faire, dans les pays du Maghreb. Connaissant les traditions culinaires du Maroc et de la Tunisie, je leur répétais que dans ces pays on déguste la viande en accompagnement des légumes, jamais en plat principal, pas en grillage ou en steak comme chez nous. Je commence à comprendre pour quoi ils me disaient ça: il ne sagissait nullement d'envoyer des animaux sur l'autre côté de la Méditerranée, mais de les valoriser dans le circuit hallal afin de toucher plus de consommateurs. Les français mangent la plupart du temps leur viande grillée, donc les arrières. La cuisine maghrébine en France ou dans les pays d'origine, préfère les morceaux qu'on fait cuire longtemps, les avants. Tout ça est très complémentaire et les morceaux du puzzle que je ne comprenais pas commencent à s'assembler pour former un tableau dont je commence à entrevoir le dessin. La consommation hallal est le complément de la consommation normale excédentaire. Tout s'emboite parfaitement bien. Nous surproduisons de la viande, tout le monde le sait, mais on continue en espérant que les pays émergents se nourrissent bientôt comme nous. On se fait des illusions....

     Un agriculteur d'Ile de France expliquait qu'il n'avait pas le choix de son abattoir, tous ses animaux passant dans le circuit hallal puisque les abattoirs de la région sont agréés. Il semblait dire que ça le contrariait, et qu'il serait bon de remédier à cet état de fait. J'espère!

     D'autre part, un autre boucher de grande surface signalait une différence entre l'étiquetage du paquet et le contenu, dans un sens comme dans l'autre: du hallal passant en normal, l'inverse étant aussi vrai. Il serait temps que le traçabilité de cette viande soit un peu plus claire afin que chacun sache ce qu'il consomme.

     J'aimerais ajouter à l'intention des agriculteurs français qui s'étonnent que l'Europe "les fasse ch.... avec le bien-être animal!", que l'Europe a bien raison. Oui, elle a 100 fois raison! A notre époque dite civilisée, ça me paraît une urgence de s'en préoccuper. En ce moment où la température est descendue à -15/-18° par endroits, certains agriculteurs, (ils ne méritent pas le beau nom de paysan), ont laissé les bêtes dehors, dans la neige et la boue. Ces animaux sont pleins de boue jusqu'aux oreilles, et je vous jure que je n'exagère pas. Il y a des petits veaux de deux ou trois mois dehors, sans abris, pateaugeant dans 50 centimètres de boue merdeuse et  noirâtre. C'est (théoriquement) interdit en France, tout animal qui reste dehors doit bénéficier d'un abri, c'est une loi. Absolument pas respectée, et c'est lamentable!. A notre époque de "civilisation" modèle, qu'on donne en exemple aux autres! celle défendue par Claude Guéant, laisse des humains adultes et enfants coucher dehors, par des températures glaciales, des animaux marcher toute la nuit dehors (j'en vois parfois de ma fenêtre quand le froid arrive avant les fêtes), certains agriculteurs préférant les rentrer  début janvier quand les fêtes sont passées. Quand il y avait encore de hauts buissons où elles pouvaient trouver un abri du vent et du froid, les paysans les rentraient aux premières gelées de Novembre, maintenant que notre civilisation est (soit disant) la meilleure du monde, elles se gèlent dehors à -15° et on les tue dans des douleurs affreuses. Je ne comprends pas....

     Voilà, j'ai terminé mon voyage aux pays des horreurs. Je l'ai fait avec difficulté, car à chaque mot que j'écris sur la souffrance animale, une image venue du fond de ma mémoire se superpose à mon clavier. Mais il fallait que tout cela soit dit. Si je ne l'avais pas fait, je m'en serais voulue. C'est une souffrance dans ma vie que celle des animaux, du plus modeste au plus important, de la mouche à l'éléphant. Ne pensez pas que je ne me préoccupe pas de celles de humains, mais c'est un autre problème.

    Passez une bonne nuit, faites de beaux rêves..... Si vous pouvez

PS: en ce qui me concerne, j'ai résolu le problème, je suis végétarienne 95% du temps. J'achète ma viande chez un boucher que je connais quand on a des invités. Et je ne m'en porte pas plus mal!!!!

Par monique de lavesvres
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