Lundi 15 juin 2009

2009 06 13, science sans conscience...
     Qui ne se souvient de cette maxime: "Science sans conscience sans conscience n'est que ruine de l'âme".
     C'était le sujet de ce matin samedi sur Fr. Inter. Les intervenants étaient intéressants et à défaut de donner  des réponses, le sujet posait les questions qui sont étudiées dans le cadre de la "bioéthique". 
      Qu'est ce que la "bioéthique"?: c'est "l'homme confronté à sa conscience".
     Et Dieu sait que les questions étaient nombreuses. 
    Je vais vous donner quelques questions qui ont retenu particulièrement mon attention.
     Pour parler de bioéthique, il est nécessaire de prendre en compte "l'état actuel de nos connaissances". Nous ne pouvons nous déterminer en toute connaissance de cause que pour ce qui nous est connu. Dans quelque domaine que ce soit. 
     Le premier sujet est le plus parlant: l'embryon. Est il déjà un humain à part entière? En devenir d'accord, mais doit on le considérer comme un futur humain, ou comme des cellules posées les unes à côté des autres qui ne représentent "que des cellules" pas plus "humaines" que des cellules de végétal.
     Quand on s'est demandé ça, tout de suite arrivent deux questions: l'avortement supprime t il un être humain ou ne fait il qu'éliminer un amas de "cellules" sans aucune importance?
    Si on choisit le deuxième postulat, on peut piocher dans ces cellules sans aucun problème pour faire des expériences ou des recherches. Les utiliser pour inoculer des maladies et voir les possibilités de défense de ces cellules, les détruire, les jumeler avec des cellules végétales ou animales.. Le terrain de recherche est infini.
    Si on pense que les cellules sont un être humain en devenir mais déjà existant, le champ des recherches se réduit: a t on le droit de faire des recherches sur un futur humain, même s'il se réduit à quelques cellules microscopiques?
     Vient ensuite la possibilité de la "fécondation in vitro", fécondation assistée, qui permet à des couples en mal d'enfant et ne peuvent en avoir de faire appel à la science pour suppléer une impossibilité physique de mener un enfant à son terme. On cultive pour cela des cellules prélevées sur les futurs parents. Pour mettre le maximum de chances de leur côté, les scientifiques en préparent plusieurs. Il y aurait donc une possibilité de mettre plusieurs enfants au monde. Mais on détruit les cellules surnuméraires. Est ce un "assassinat" ou une simple opération scientifique qui élimine des cellules sans importance? Peut on faire des recherches sur les cellules souches?
     Allons un peu plus loin dans les questions. Peut on dire que le fait de devenir parents est un "droit"?. Pour chaque couple, c'est une "possibilité" qui peut aboutir à la mise au monde d'un enfant, ou non! On peut parler du "droit à la vie", du "droit de respirer un air propre", "du droit de vote", mais peut on parler du "droit d'avoir un enfant"? Dans tout ce problème, c'est ce qui me déconcerte le plus.
    Tout de suite, cette question implique un aspect financier: les futurs parents faisant des fécondations in vitro, doivent ils être pris en compte par la sécurité sociale? Celle ci fut crée pour "soigner" tout un chacun selon ses besoins et sans discrimation financière. A sa création, on ne parlait pas de tout ça. Les frais pour ces fécondations artificielles pèsent lourds sur la sécu. Doit elle prendre en charge ces nouvelles technologies et les faire payer par tous? Certains diront "oui", d'autres "non". La technologie rend ces opérations faisables, doit on les inclure dans notre système de santé? Les grands prématurés qui seraient morts il y a encore 15 ans et qui, maintenus en couveuse pendant des mois, sous respirateur parfois, avec des soins continus donnés par un personnel très spécialisé doivent ils être aidés ou laissés pour compte au titre de dégâts collatéraux? Question bien ardue!
     Si on ne peut avoir d'enfant, on peut faire appel à une "mère porteuse" qui supléera la maman incapable de mener une grossesse à terme. Doit elle être considérée comme un "ventre" en location, doit elle accepter cette grossesse pour rendre service? Peut elle être payée pour ce temps pasé à porter le bébé d'une autre? Ce bébé ne sera t il pas "imbibé" par la mère porteuse. Cette relation est quand même très, très intime, et les émotions de la mère porteuse sont ressenties par le bébé "in utero", le milieu ambiant dont l'enfant perçoit les échos, les bruits, les sons, les musiques ou les paroles ne vont ils pas influer sur ce qu'il deviendra? On parle de "langue maternelle" pour désigner la langue que le bébé entend dans le ventre qui l'héberge. Sera t il bilingue si la mère porteuse est étrangère?
    Il y a un ou deux ans, on a vu une mère porter l'enfant de sa fille. Ce bébé est il le fils de sa mère et de son père, ou le fils de sa grand- mère et de son père? Ou va t il se situer physiquement dans l'histoire de sa famille? Psychologiquement, saura t il trouver sa place? Vous pouvez penser qu'on se fait des noeuds au cerveau pour rien, mais je crois que la question vaut dêtre posée. En France les mères porteuses sont interdites. On va à l'étranger pour y avoir recours.
    Les progrès de la science vont si vite qu'on s'y perd un peu, et qu'une question en appelle une autre, qui en induit une autre, qui en fait jaillir encore une autre... On a l'impression que cela n'a pas de fin.
    Les couples lesbiens ou homosexuels peuvent ils adopter un enfant? Est ce que ça peut perturber un enfant d'avoir deux papas ou deux mamans? Certains diront que l'important c'est "l'amour". Oh que oui! Hélas, ça ne suffit pas pour faire un enfant équilibré. Il n'y a pas que cette situation qui peut perturber un enfant, je le sais bien. Il y a bien d'autres cas qui déséquilibrent un enfant, ce n'est qu'une situation perturbante de plus.
    Certains couples font appel au don de sperme. Celui ci est anonyme et gratuit. C'est très bien, et je suppose que toutes les précautions sont prises afin que le bébé à naître soit en bonne santé. Mais en cas de maladie génétique non détectée avant le don de perme, a t on le droit de lever l'anonymat afin de pouvoir soigner l'enfant?. Certains donneurs ne sont ils pas tentés de savoir ce qu'est devenu "leur" descendant?
     Et le clonage! On en parle bien moins parce que c'est une technique pas encore très au point qui connaît de nombreux échecs. Mais dans 10 ans? Est ce que ce sera une manipulatiion courante ou aura t on abandonné le projet par "éthique"?
     Dès qu'on parle d'enfants, vient tout de suite le sujet de la "normalité". On veut un enfant réussi: intelligent, qui fera de bonnes études, beau, gentil avec toutes les qualités! Mais si on détecte une anomalie. Doit on avorter ou pas? J'ai eu l'occasion d'entendre au Vieux Rompon, en Ardèche, un concert de musique classique: flûte de Pan, guitare. Je ne voyais pas les musiciens, mais c'était de bons interprètes. Quelle ne fut pas ma surprise de voir à la fin du concert, que le flûtiste avait un mognon à la place d'un bras, et que son autre bras avait une sorte de pouce et d'index au niveau du coude! Et c'était un musicien remarquable! Il éclatait de joie de vivre, se moquait de son handicap avec un humour ravageur. Alors, dans un cas comme ça, avorter ou pas? Si sa mère l'avait fait, nous n'aurions pas eu la joie d'entendre cette superbe musique.
    Puis vient le plus dur: la vente de reins, d'organes par des gens qui n'ont d'autre moyen de survivre. Une nouvelle loi doit préciser que cette vente ne doit se faire que "si le donneur est consentant". Encore heureux! Mais je sais que ce n'est pas toujours le cas. Qu'on prend parfois des organes à des prisonniers, et que ceux qui se vendent ainsi, sont consentants parce qu'ils n'ont pas d'autre choix. Ce n'est plus du consentement, c'est de l'obligation. On n'est plus libres de ses choix. C'est donc de l'exploitation de la misère, presque pire que l'eclavage. Mais comment ne pas comprendre qu'on ait envie de sauver l'un de ses proches en danger de mort? Comment ne pas se dire qu'il ne faut  pas se poser de questions pour savoir d'où vient le rein, un inconnu qu'on ne verra jamais, que la vie de ceux qu'on aime est irremplaçable? Les humains ne sont pas des héros. Et j'espère ne jamais avoir à me poser cette question, je ne saurais pas y répondre.
    Il y aurait encore tant de choses à dire sur le sujet. Vous avez pu voir que je sais être sérieuse quand le sujet vaut le coup et que je suis même capable de ne pas râler! Mais cette émission m'a posé tant de questions que je ne suis pas sûre d'avoir un jour des réponses. 
    Pour finir, une phrase de Matthieu Ricard:"Tout ce qui est réalisable n'est pas forcément souhaitable"
    Bonne méditation... 

Par monique de lavesvres
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