2009 06 16, les paysans en colère.
Depuis des semaines on n'entend plus parler que de ça: les agriculteurs sont étranglés par la grande distribution, qui leur bouffe la laine sur le dos, qui les étrangle et
les pressure jusqu'à plus soif.
Hier soir encore, le "le téléphone sonne" sur Fr.Inter en faisait son sujet de débat. Etaient présents, des agriculteurs, des syndicalistes, la grande distribution tant
décriée, MJ Husset de "60 millions de consommateurs", et des journalistes.
On a eu droit de nouveau a la même antienne: les grands magasins se sucrent sur le dos des producteurs, le lait leur est mal payé et vendu trop cher au
consommateur...etc...etc, depuis le temps qu'on l'entend on connaît le refrain, les paroles et la musique.
Ainsi Mr Barnier va mettre en place une instance de vérification des marges auprès des grands magasins. Le représentant de cette industrie du commerce, a quand même
posé la question qui fâche: "De quel droit venir contrôler leurs marges? Le commerce et les prix étant libres dans ce pays, c'est irréalisable". Exact. On n'est plus en économie
soviètisante et administrée et n'importe qui ne peut pas demander des comptes à n'importe qui sous prétexte que ça l'arrange. Dans ce cas, pourquoi ne pas demander aux agriculteurs combien ils
touchent de subventions diverses par an? Je pense que ce serait un tollé général. (Je crois qu'on peut désormais avoir ces renseignements sur internet, mais le monde agricole n'étant pas très
branché en général, il y a peu de risques que certains fassent ces recherches.) Les commerçants, les salariés, les professions libérales, tous paient des impôts en fonction de leurs
revenus déclarés. Les agriculteurs qui paient des impôts font aussi une déclaration. Ce qui revient à dire que les gesticulations de Mr Barnier ne sont que poudre aux yeux pour éviter que les
paysans sortent les tracteurs avant les vacances.
C'est dans les dernières minutes qu'on a, enfin! entendu quelques vérités. Entre autres, "Pourquoi les paysans qui produisent les matières premières n'organisent ils
pas eux mêmes leur propre circuit de distribution et de vente?". Le syndicaliste de service, c'est à dire la FNSEA,(à l'exclusion de tout autre représentant du monde agricole, comme si la
Confédération Paysanne n'existait pas, le Modef non plus, comme si aucun autre syndicat existait. Et pourtant ils sont là, mais c'est toujours la FNSEA et ses dérivés qui tiennent le crachoir)
fut bien embêté pour répondre. Car pour faire du commerce il faut investir, faire des emprunts qu'on doit rembourser. Donc il faut "faire de la marge" pour vivre. les paysans ne savent pas faire
ça, ils n'ont pas appris la commercialisation des produits. Un copain me disait que dans les écoles agricoles on enseignait aux élèves à "produire", pas à "vendre". Mais l'un ne va pas sans
l'autre. Surtout actuellement, on ne peut plus se contenter de produire quoi que ce soit qui ne se vende pas. Les paysans produisent mais ils ne maîtrisent pas la filière complète ce qui
les fait tomber pieds et poings liés dans les filets de la GD. Celle ci en profite, c'est de bonne guerre. Même si on n'approuve pas ces méthodes, elles sont légales et on ne peut rien y
faire.
La seule défense du consommateur, c'est d'aller faire ses courses ailleurs. Ce que certains font de plus en plus. Les AMAP refusent du monde, les marchés de village
reprennent du poil de la bête et la vente directe se porte plustôt bien. Et pas que chez les bobos! Il y a de plus en plus d'acheteurs modestes qui font leur marché, qui récupèrent des fruits pour
faire les confitures, des légumes en fin de marché pour les conserves. Allez y, traînez un peu, regardez autour de vous, vous vous en rendrez compte. Et ça se fera de plus en plus. Les gens en ont
ras le bol des grands magasins! Et c'est tant mieux, j'applaudis des deux mains!
L'un des intervenants, a osé dire, enfin! qu'on produisait trop de lait et trop de viande. Cent pour cent d'accord, mais c'est une vérité pas bonne à dire. Et pourtant c'est
vrai. Je ne dis pas que les paysans sont trop nombreux, mais qu'ils produisent trop chacun. Trop de lait, trop de viande, et plus ça va, plus il y en a. Moralité, les prix baissent et ne sont pas
prêts de s'arrêter. Car pour maintenir leur pouvoir d'achat ils produisent chaque année un peu plus. Pour faire remonter les prix, il faudrait faire comme les pays producteurs de pétrole: réguler
leur production. Ce qui me paraît impossible en agriculture, les paysans sont trop individualistes pour réellement s'entendre. "Il faut baisser la production? Très bien, mais que le voisin commence
puisqu'il est plus grand que moi". Avec ces théories, il n'y a pas de raison que ça s'améliore un jour. Ce qui est valable pour le lait est valable pour la
viande.
L'agriculture est comme le serpent qui se mord la queue, on n'en sort pas, parce qu'on a peur de dire ces vérités qui dérangent aux agriculteurs de crainte qu'ils ne
bloquent le pays. Alors on les amuse avec des fausses promesses absolument irréalisables. Dont on sait qu'elle sont inapplicables. Les gouvernements le savent, la FNSEA itou! Mais on fait "comme
si". Les intérêts des uns et des autres sont trop liés pour qu'on prenne le taureau par les cornes afin de sortir de cette situation complètement bloquée.
Pour le moment, on en est là. Toute l'agriculture est à réformer, sous sa forme actuelle elle a vécu, il faut désomais produire moins mais meilleur, comsommer sur place des
produits de saison. Les dernières élections européennes ont penché en direction des écologistes, et ce n'est pas à négliger. Il faut en tenir compte pour tout.
Voilà ce que je retiens des diverses lectures, émissions, débats sur le sujet que j'ai étudiés. Il se peut que je me plante en beauté, à vous de me le dire. Je vous dis ce que je
pense, je le dis avec force parce que j'y crois, mais ça ne veut pas dire que j'ai raison!
A vous de juger!