Mercredi 24 juin 2009
2009 06 24, lettre ouverte à Dieu
      J'aurais aimé vous écrire, "Mon cher Dieu", mais aujourd'hui, j'ai un peu de mal, ces mots là ne passent pas.
      Depuis presque 60 ans que Vous m'accompagnez, j'ai eu des hauts et des bas. Mais aujourd'hui, j'ai le moral au ras des pâquerettes. Depuis le début de la semaine, les calamités s'accumulent.
      Vous avez rappelé à Vous le fils de nos amis: 28 ans, un jeune homme plein d'avenir qui s'est éteint dans son sommeil. Sans doute n'a t il pas souffert, du moins peut on l'espérer pour se consoler. 15 mois de souffrance, de crises de désespoir, suivies de bouffées d'espoir pour revenir au point de départ. Sa famille a vécu mille morts. J'ai vu sa mère se rétrécir, maigrir à vue d'oeil, son père se désespérer. Vous me direz peut être que Vos "desseins sont impénétrables" et que vous avez Vos projets que nous ne pouvons pas comprendre. C'est peut être vrai, et qui suis je pour en juger? Mais ne pouviez vous pas le laisser à sa famille? Voir leur chagrin ne Vous fend il pas le coeur? Moi qui ne suis qu'une pauvre humaine j'en suis déchirée.
      Ce n'est pas tout, Notre voisin que Vous avez, lui aussi, enlevé aux siens d'une façon affreusement brutale: crise cardiaque en moins de trois minutes, rien à faire, aucun soin possible. Pourquoi ça? Il ne vous dérangeait pas. Pourquoi l'avoir enlevé à sa mère? Elle a 85 ans, sa vie faut des plus dure, mais elle avait fait avec son mari une belle famille de 7 enfants, la grande réussite de sa vie. Elle était très fière de ses enfants, sa grande consolation, et Vous lui en prenez un! Il avait 56 ans et il allait marier sa fille le mois prochain. Vous n'auriez pas pu attendre un peu pour lui éviter cette épreuve? Ma grand mère disait toujours: "Le Bon Dieu est Bon Père", elle vous faisait une totale confiance. Aujourd'hui, j'ai du chagrin car nous perdons un ami cher. Et je vois les larmes dans les yeux de sa mère, et cela me fend le coeur. Une question me revient sans cesse: Pourquoi? Il travaillait dur, il était sympathique et agréable, gait, on riait souvent en se refilant des plants de fleurs ou de légumes. Il venait de recevoir sa lettre de licenciement, mais il le prenait assez bien en se disant qu'ils y arriveraient puisque leurs enfants étaient grands.
      Nous qui sommes de pauvres humains qui peinons chaque jour, qui essayons de construire une maison pour notre famille, qui vivons bien modestement, qui essayons d'être heureux, pourquoi tout détruire d'un seul coup ce bonheur fragile qu'on a essayé de construire avec tant de peine? Je ne Vous comprends pas! Notre tout petit bonheur vous serait il si insupportable que Vous nous le preniez à peine construit? J'en ai lourd....lourd....
      Et comme pour en remettre une dernière couche, un autre ami qui m'est cher qui se retrouve avec hospitalisé avec un cancer. Il est sous chimiothérapie et je croise les doigts pour qu'il ne lui arrive rien. Je n'ose vous prier de lui accorder la santé après une telle semaine! Pendant 15 jours mon ordinateur a été en panne, et je crois que le Votre doit avoir également quelques soucis pour que Vous nous infligiez de tels chagrins.
     Voilà pourquoi je suis en colère, parce que je suis tellement triste!               
     J'aimerais Vous prier, mais ce soir je n'ai pas le courage. Tout ça me dépasse, et peut être avez Vous Vos raisons, mais je ne comprends pas toute cette souffrance infligée à des êtres que j'aime, qui n'exigeaient rien de particulier, sans ambitions démesurées, sans méchanceté, honnêtes, qui ne demandaient qu'à vivre tranquilles avec leurs familles les quelques années qui leur étaient imparties sur cette Terre. et que vous nous avez repris brutalement.
     Vous dire tout cela ne fut pas très facile car j'ai le coeur lourd de tristesse. Demain peut être que cela ira mieux si Vous nous faites un petit signe pour nous encourager, nous dire que Vous ne nous abandonnez pas, même si on ne Vous comprend pas toujours. Les humains sont de très petites choses tellement fragiles! Prenez pitié de nous, regardez nous avec amour et ne nous infligez pas ces douleurs qui nous brisent. Nous sommes imparfaits mais nous ne le méritons pas. On fait comme on peut, ce qu'on peut en se trompant souvent. Ne nous en veuillez pas de nos faiblesses, Vous nous avez créés comme ça.
    
Par monique de lavesvres
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